Bientôt un site pour évacuer les déchets de l’ancien marché central
(Iwacu )
L’ancien marché central est clôturé par des tôles.

Le ministre de l’Environnement promet de dégager les déchets de l’ex-marché central vers un autre site. Ceux qui travaillent aux environs s’inquiètent. Un spécialiste constate plutôt qu’ils ne sont pas dangereux pour la santé.

«Les déchets de l’ancien marché central sont peut-être nocifs pour la santé », craint G.E., qui tient un magasin sur l’avenue de la mission. D’après lui, différents produits qui ont pris feu dégagent une odeur nauséabonde surtout quand il pleut. «Les gens ont peur car ils pensent qu’ils risquent d’attraper des maladies. » N.H., un autre commerçant, pense que les gens ne respirent plus de l’air pur puisque différentes marchandises brûlées depuis une année n’ont pas été dégagées. Ils demandent aux autorités municipales de les évacuer afin de ne pas causer des maladies.

Actuellement, cet ancien marché central est clôturé par des tôles. Une grande partie du toit en métal a complètement brûlé, les poutres sont calcinées. On ne remarque que des projecteurs qui ne fonctionnent plus. Des femmes et enfants vendent quelques marchandises autour de ce marché, même s’ils sont souvent chassés par la police.

« Ces déchets risquent d’intoxiquer l’eau »

Jean-Claude Nduwayo, ministre de l’Environnement, estime que ces déchets risquent de causer des problèmes si on les dépose n’importe où. «On risque d’intoxiquer l’eau si on les dépose, par exemple, à Buterere», explique-t-il. Selon le ministre, ces déchets ne vont pas pénétrer dans la nappe phréatique puisque le marché était cimenté.

Lors de la présentation des grandes réalisations pour l’année 2013, le ministre Nduwayo a déclaré qu’un nouveau site à Muzinda dans la commune Rugazi en province Bubanza est en train d’être aménagé : «Les travaux prendront fin au cours de 2014. »
Cependant, ils n’ont pas encore commencé malgré les promesses du ministre de l’Environnement. Rémy Ndayishimiye, son porte-parole, indique que les études sont en cours pour le recyclage de ces déchets. Il annonce que les Pays Bas vont financer cette activité.

« Les émanations gazeuses ne présentent pas de danger »

Steve de Cliff, directeur de la recherche et de l’innovation à l’Université du Burundi, estime que la gestion des déchets est généralement un défi de taille : «Elle demande des moyens matériels et technologiques très coûteux pour les pouvoirs publics. » D’après lui, évacuer ces déchets qui sont en train de pourrir sur ce site est un impératif majeur. Néanmoins, Steve de Cliff affirme que les différentes émanations gazeuses dues à la décomposition de ces marchandises ne présentent pas un danger pour la population. Car, les marchandises vendues à ce marché étaient exclusivement à usage domestique. «Il ne s’agissait pas de produits de laboratoire, biologique ou nucléaire. Même dans nos ménages, quand ces denrées pourrissent, elles sont gérées dans des fausses à déchets (Nyabarega) et les familles ne se sont jamais inquiétées.»

Même si ces déchets sont concentrés sur une petite surface, le directeur de la recherche et de l’innovation se veut rassurant : «Le site du marché central est à ciel ouvert et cela est un avantage car les différentes émanations qui y sont distribuées ne sont pas enfermées. » Et de conclure : « C’est avant tout une question d’environnement. La préoccupation essentielle réside dans le fait que ce site est situé en plein centre ville, alors qu’il faut assurer un bon environnement urbain ».

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