Barrage sur le Nil : L’Ethiopie fait fi des menaces de l’armée égyptienne
PANA, 28 mars 2014

Addis-Abeba, Éthiopie – L’Éthiopie a fait fi des menaces continues de l’armée égyptienne contre son barrage hydroélectrique d’un coût de 5 milliards de dollars américains sur le fleuve Nil, déclarant que seules les négociations pourront aider à sortir de l’impasse.

La porte parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères, Dina Mufti a déclaré que son pays était préparé à accueillir l’Egypte sur la table de négociations pour discuter et aboutir sur les voies et moyens concernant l’utilisation des eaux du Nil.

“Le Barrage de la renaissance bénéficiera à tous les pays de la région. Nous ne pouvons rien faire pour porter préjudice à nos voisins,” a rassuré la porte parole du ministère.

L’Egypte mène une campagne mondiale contre la construction en cours du projet éthiopien d’un barrage de 6000 mégawatts, dont la finition est prévue en 2017.

L’Egypte a quitté les pourparlers régionaux visant à réviser un traité de l’ère coloniale qui a donné au Caire les droits préférentiels dans l’utilisation des ressources en eaux du Nil contre la volonté des pays en aval.

L’Ethiopie insiste pour dire que les accords obligent les autres colonies britanniques en amont, mais ne s’appliquent pas à Addis Abeba, qui n’a jamais été colonisée et n’a pas pris part aux pourparlers.

Les pourparlers sur un accord-cadre de coopération pour déterminer une nouvelle formule de partage des eaux ont échoué sur l’insistance de l’Egypte qu’aucun accord exécutoire ne pourra être atteint que par consensus et consentement mutuel.

L’Ethiopie et les autres pays en amont que sont le Burundi, le Kenya, le Rwanda et l’Ouganda sont convenus que les décisions pourraient être exécutoires sur la base du résultat d’un vote à la majorité. Cela a isolé l’Egypte avec le Soudan, qui est son seul allié.

Au moment où le projet de construction du Barrage de la renaissance est en route, des indications montrent que l’Egypte a toujours dans l’intention de son déraillement. L’Egypte, à un moment donné, a cherché une médiation internationale autour de l’actuel vacarme sur le barrage.

En réponse à des suggestions que le Soudan du Sud a faites après avoir récemment signé un pacte militaire avec l’Egypte pour défendre les intérêts des deux pays concernant les eaux du Nil, les officiels éthiopiens ont déclaré que de tels accords étaient dans les droits du Soudan du Sud comme État indépendant, mais seront de peu pour freiner les constructions en cours.

Les officiels éthiopiens déclarent que l’Egypte et le Soudan du Sud sont dans leurs droits et libres de signer des accords de défense, mais cela n’altérera pas le projet de construction du barrage.

Le ministre Sud soudanais des Affaires étrangères, Marial Bii Benjamin s’est récemment rendu en visite en Egypte où des pourparlers sur des intérêts de défense mutuelle et un possible déploiement de troupes égyptiennes au Soudan du Sud ont été en vedette.

Les deux pays ont également discuté sur l’intention du Soudan du Sud d’intégrer la Ligue des Etats Arabes.

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