Le gouvernement dénonce “vigoureusement” le contenu du “projet du rapport onusien” sur la situation au Burundi
M. Térence Ntahiraja, porte-parole du ministère burundais de l'Intérieur et de la Formation Patriotique Photo : Pacelli Sindaruhuka
M. Térence Ntahiraja, porte-parole du ministère burundais de l’Intérieur et de la Formation Patriotique Photo : Pacelli Sindaruhuka

French.china.org.cn |  le 11-02-2018     –  Le gouvernement burundais du président Pierre Nkurunziza dénonce “vigoureusement” le contenu du “projet du rapport onusien” sur la situation au Burundi qui sera présenté le 25 février prochain aux 15 pays membres du Conseil de sécurité des Nations Unies par le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres.

Dans ce projet de rapport qui fait le point sur l’évolution de la situation politique au Burundi depuis la dernière visite au Burundi de son Envoyé spécial dans le pays, l’ancien président burkinabé Michel Kafando, intervenue le 20 novembre 2017, Antonio Guterres se dit “très préoccupé” de la situation prévalant actuellement au Burundi.

Selon M. Guterres, depuis cette date, le processus de dialogue politique interburundais initié à Arusha depuis janvier 2016 “reste dans l’impasse et n’a pas progressé de façon notable”, la situation sécuritaire est restée “calme mais instable” ; alors que, selon lui, la situation du Burundi sur le plan socio-économique continuerait de “se détériorer”.

Dans un point de presse animé samedi en marge d’une marche-manifestation organisée par les autorités de la province urbaine de Bujumbura-Mairie abritant la capitale burundaise, le porte-parole du ministère burundais de l’Intérieur et de la Formation Patriotique, Térence Ntahiraja, a d’emblée qualifié ce nouveau projet de rapport de l’ONU sur le Burundi de “faux et archifaux” à l’instar d’autres qui lui ont précédé au cours des années 2015, 2016 et 2017.

“Le gouvernement burundais réfute catégoriquement certaines affirmations sciemment versées dans ce projet de rapport onusien sur notre pays selon lequel la situation politique demeurerait tendue à ce jour. Ces affirmations sont belles et bien fausses comme le prouve les réalités de terrain ; car la paix et la sécurité règnent sur l’ensemble du territoire burundais”, a précisé M. Ntahiraja, qui est également assistant du ministre burundais de l’Intérieur et de la Formation Patriotique.

M. Ntahiraja a également démenti les affirmations contenues dans ce projet de rapport onusien sur le Burundi et selon lesquelles le projet de nouvelle constitution burundaise à soumettre à un vote référendaire populaire en mai prochain, “remettrait en cause les équilibres constitutionnels” instaurés par l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi (AAPRB) conclu le 28 août 2000 entre les protagonistes politiques burundais d’alors après l’éclatement de la guerre civile d’octobre 1993.

“Ce projet de rapport onusien sur notre pays renferme des contre-vérités à ce sujet parce que les équilibres de 50% hutu-50% tutsi dans les corps de défense et de sécurité, ainsi que de 60% hutu-40% tutsi au niveau des postes politiques en ce qui concerne l’administration publique, ont été maintenus dans le projet de nouvelle constitution burundaise qui régira les prochaines élections”, a-t-il expliqué.

M. Ntahiraja a ajouté que les premières responsabilités sur les contre-vérités diffusées sur le Burundi dans ce projet de rapport onusien, sont à imputer d’abord sur la personne de M. Michel Kafando, en qualité d’Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Burundi, nommé à ce poste le 5 mai 2017.

Il a fustigé également les prévisions 2018 du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) en ce qui concerne le Burundi, selon lesquelles environ “50.000 citoyens burundais pourraient fuir le Burundi en 2018”.

Pour lui, ces prévisions du HCR sur le Burundi en 2018, n’ont rien à avoir avec les réalités locales compte tenu du recouvrement de la paix et la sécurité ; mais seraient guidées par des mobiles politiciens”.