Mininter : évaluation des engagements des partis politiques et de l’administration pour des élections apaisées

Les responsables des partis politiques agréés au Burundi et les gouverneurs de provinces se sont réunis à Bujumbura mercredi le 24 septembre 2019 sous les auspices du ministre de l’intérieur Pascal Barandagiye, pour évaluer la mise en application de leurs engagements pour un environnement favorable aux élections de 2020.

Au cours de la réunion, les responsables des partis politiques et les gouverneurs de provinces ont fait part de l’état des lieux de la cohabitation entre partis politiques et des relations entre partis politiques et l’administration.

Les gouverneurs de provinces ont indiqué tour à tour que les rencontres qu’ils ont organisées depuis le mois de juin avec les responsables provinciaux des partis politiques ont porté des fruits. Selon les gouverneurs de provinces, la cohabitation entre partis politiques est généralement bonne.

Néanmoins, la plupart d’entre eux ont indexé les membres du parti CNL d’Agathon Rwagasa, les accusant de s’adonner à des actes de provocation et de non respect de la loi régissant les partis politiques.

Les responsables des partis politiques ont pour leur part fait savoir que les heurts entre les membres de leurs formations politiques ont diminué d’intensité depuis que les rencontres entre les partis politiques et l’administration ont été organisées.

Certains responsables des partis politiques ont salué l’attitude des administratifs qui interviennent rapidement quand des échauffourées viennent à éclater entre partisans des différentes formations politiques. D’autres ont plutôt dénoncé le caractère partial des administratifs qui favorisent le parti au pouvoir au détriment d’autres formations politiques.

Dans les provinces où subsistent des malentendus entre partis politiques ou entre partis politiques et l’administration, le ministre de l’intérieur a recommandé aux gouverneurs de provinces et aux responsables des partis politiques concernés de se retrouver le plus rapidement possible pour trouver un terrain d’entente.

Il a également recommandé la tenue de telles réunions d’évaluation une fois le mois au niveau de la province et 2 fois le mois au niveau communal.

En vue de mettre un terme aux accrochages entre les membres des partis politiques, le Secrétaire Général du CNDD-FDD au pouvoir, Evariste Ndayishimiye a proposé de punir sévèrement quiconque se rendra coupable de ségrégation ou de discrimination basées sur l’appartenance à tel ou à tel autre parti politique.

Quant au secrétaire exécutif du CNL, un parti qui a été cité au cours de cette réunion comme étant à l’origine des difficultés rencontrées au sein des partis politiques, il a demandé aux participants d’éviter la globalisation et de considérer la responsabilité pénale comme étant personnelle et individuelle.

Pour le ministre de l’intérieur, la préparation des élections apaisées de 2020 est un mot d’ordre qui guide les administratifs et qui explique la tenue une fois le mois d’une réunion entre l’administration au haut niveau avec les responsables des partis politiques. Il s’est félicité que depuis le mois de juin, la situation a complètement évolué.

Selon le ministre Barandagiye, les accrochages entre les membres des différents partis politiques ont diminué à hauteur de 98%, réservant les 2% à des cas isolés des gens qui s’enivrent et qui, du coup s’adonnent à des exactions. “En dehors des cas isolés, la situation est normale”, a souligné le ministre.

“L’essentiel est que les partis politiques se sont convenus sur le fait que celui qui commet une infraction soit puni conformément à la loi et de façon individuelle et soit traité comme tel au lieu de prétendre que c’est son parti d’origine qui est visé”, a poursuivi le ministre.

Il a saisi l’occasion pour exhorter la justice à sévir contre tous les contrevenants à la cohabitation pacifique des partis politiques. Pour le ministre, quiconque s’adonnera à des actes de violence par des considérations qui tiennent compte des différences d’appartenance aux partis politiques devra être jugé en procès de flagrance.

Au cours de la réunion, certains gouverneurs et responsables des partis politiques ont fustigé le communiqué du conseil épiscopal catholique adressé aux chrétiens, affirmant que la situation décrite dans cette lettre ne prévaut pas et ont recommandé d’inviter les responsables religieux à participer à ce genre de réunions, afin de les mettre au courant de l’évolution de la situation politique.

A ce sujet, le ministre de l’intérieur a indiqué que le contenu de cette lettre est vraiment décalé de la réalité sur terrain, affirmant que les Evêques ont travaillé sur base des rapports d’il y a deux ou trois ans.

Le ministre Barandagiye qui considère ces prélats comme étant déconnectés de la réalité a promis néanmoins de les associer désormais s’ils le désirent, dans cette dynamique vers les élections apaisées.

Par NYANDWI Dieudonné