Pour les touristes, Dar es Salaam n’est qu’une étape vers Zanzibar, les parcs animaliers ou le Kilimandjaro. La grande ville portuaire tanzanienne n’a rien pour attirer les vacanciers, mais une petite agence locale propose une visite originale du passé de Dar es Salaam.

Quand la Tanzanie était dans le camp de l’Est pendant la guerre froide, elle a accueilli les leaders révolutionnaires des années 1960. Visite guidée avec Mejah Mbuya sur les traces de Malcom X et de Che Guevara.

C’est une randonnée urbaine de 6 à 8 kilomètres que propose Mejah Mbuya, dans une ville – Dar es Salaam- qui n’a vraiment aucun charme, mais qui prend une autre dimension quand le guide commence à raconter : « En 1959, notre président Nyerere a fait un discours disant : ” Nous allons placer une torche au sommet du Kilimandjaro. Elle apportera la lumière là où règne l’obscurité et elle redonnera l’espoir là où il n’y a pas d’espoir ” … Il a invité tous les Africains de la diaspora à revenir en Afrique, à venir ici, et c’est ainsi qu’à partir des années soixante de nombreux descendants d’Africains sont venus en Tanzanie. »

Et Dar es Salaam est devenu un port d’attache pour des leaders afro-américains comme Malcolm X ou Angela Davis.

Le groupe de touristes s’arrête devant l’hôtel New Africa, où Mejah Mbuya raconte : « Dans ces années 60 et 70, quand la guerre froide battait son plein, quelques employés qui travaillaient ici, des serveurs, des femmes de ménage, étaient des informateurs du FBI et de la CIA. Ils écoutaient ce que disaient les révolutionnaires et ils rapportaient à la CIA et au FBI ».

Et puis il y a surtout l’icône de la révolution mondiale Che Guevara qui est venue ici avec douze Cubains en 1965 pour préparer une insurrection au Congo Kinshasa. Che Guevara a acheté une vielle barque sur une plage de Dar es Salaam et l’a tractée jusqu’au lac Tanganika pour rejoindre Laurent Désiré Kabila. La guérilla au Congo a échoué. Et le Che est revenu sur Dar en attendant mieux. « Après le Congo, le Che n’avait pas encore de destination, explique Mejah Mbuya, alors il est resté à Dar environ trois mois ; ensuite, d’ici il est parti vers la Bolivie où il a été tué en 1967. »

Le petit groupe s’arrête devant le modeste restaurant New Zahir, fréquenté par le Che à l’époque. Michelle, touriste canadienne, et Thomas, Français, sont ravis : « Je n’étais pas au courant de l’histoire de la Tanzanie telle que nous l’avons apprise aujourd’hui, dit Michelle, ce soutien aux combattants de la liberté partout dans le monde, je n’en avais aucune idée avant cette visite. C’est formidable ». « J’ai trouvé ça vraiment très enrichissant, ajoute Thomas, je ne m’attendais pas à avoir autant d’explications ! En histoire, il a l’ai très au point, c’est toujours un plaisir d’apprendre des choses ».

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