Les victimes du chef de guerre congolais Thomas Lubanga, déclaré coupable d’enrôlement d’enfants-soldats de moins de 15 ans et condamné en 2012 à 14 ans de prison, vont être indemnisées. La Cour pénale internationale a reconnu le droit à des victimes d’obtenir des réparations. Une première.

Le jugement de Thomas Lubanga avait été confirmé en appel le 1er décembre dernier.

129 victimes ont participé au procès contre le milicien Thomas Lubanga. Toutes vont désormais bénéficier de réparations collectives. Mais pas seulement. D’autres victimes qui n’étaient pas présentes à La Haye au procès ainsi que leurs familles et leurs communautés d’origine pourront être dédommagées, affirme la CPI dans son arrêt.

Comment ? Pendant six mois, le fonds au profit des victimes va devoir identifier les bénéficiaires, mais aussi définir la nature des réparations qui seront octroyées. Ces réparations sont collectives. Il s’agira de programmes de soutien médicaux, d’aide à l’accès à l’éducation ou à des formations, notamment pour s’assurer que les ex-enfants-soldats, enrôlés de force par Thomas Lubanga, puissent être réinsérés.

En revanche, les victimes de violences sexuelles seront exclues de ce programme de réparations car la CPI n’a pas retenu cette accusation contre le milicien.

Jurisprudence

Pour les victimes des Force patriotique pour la libération du Congo, un groupe armé responsable de centaines d’exactions en Ituri entre 2002 et 2003, c’est une victoire après plus de 10 ans d’attente.

D’autres victimes congolaises pourraient à l’avenir profiter de cette jurisprudence. Deux Congolais sont actuellement jugés par la CPI, l’ex-militaire Bosco Ntaganda, mais aussi l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba. Si leur culpabilité est reconnue, leurs victimes présumées pourraient à leur tour réclamer réparation.

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