Le leader de l’UDPS Félix Tshisekedi élu Président de la RDC

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a proclamé dans la nuit de mercredi à jeudi la victoire “à titre provisoire” de Félix Tshisekedi à l’élection présidentielle à un tour du 30 décembre en RDC. Le leader de l’UDPS, le principal parti d’opposition, doit succéder à Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001.

L’annonce est tombée vers 03h00, après une attente interminable. La Ceni a fait durer le suspense en égrenant d’abord les résultats des élections locales.
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La tension était à son comble à Kinshasa et dans toute la RDC. Félix Tshisekedi, Martin Fayulu, Emmanuel Ramazani Shadary … Les noms des trois candidats favoris de la présidentielle étaient sur toutes les lèvres ces derniers jours.
Félix Tshisekdei a remporté 7.051.013 voix (38,57%). Martin Fayulu 6.366.732 voix. Emmanuel Tamazani Shadary, le dauphin de Joseph Kabila, plus de 4 millions de voix. A peine 18.329.318 votants sur 40 millions d’électeurs potentiels ont participé au scrutin présidentiel (47%). L’élection a été reportée dans quatre circonscriptions totalisant plus d’1,2 million d’électeurs.
Avec cette élection et le départ de Joseph Kabila, une page se tourne dans le Congo qui connaît sa première transition démocratique.
Felix Tshisekedi, âgé de 55 ans, est le fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, décédé en 2017 à Bruxelles. Il est à la tête de l’Union pour la démocratie et le progrès (UDPS) depuis mars 2018. Ces deux dernières années, l’UDPS s’était appliqué à négocier la tenue des élections. Le pouvoir et l’opposition avaient conclu les accords de la Saint Sylvestre le 31 décembre 2016 en vue du scrutin.
Les élections ont eu lieu dans un climat de suspicion, alimenté entre autre par le report du scrutin dans quatre circonscriptions, des fiefs de Martin Fayulu.
La publication des résultats par la Ceni, prévue le 6 janvier dernier, avait été reportée pour des questions de comptage et de délibération.
La police déployée à Kinshasa

La réaction des Congolais et de la société civile à ce résultat reste une inconnue. Il faudra aussi entendre les conclusions des observateurs. Le résultat peut encore faire l’objet d’un recours devant la Cour constitutionnelle.
A Kinshasa, les rues et les commerces se sont vidées très tôt mercredi, les habitants rentrant chez eux pour attendre les résultats. Des unités anti-émeute de la police étaient déployées dans les quartiers stratégiques de la capitale.
Des ONG, parmi lesquelles la Lutte pour le changement (Lucha) avaient appelé mercredi à descendre dans la rue si la Ceni, “sous l’influence du président sortant Joseph Kabila, s’avisait de publier les résultats non conformes à la vérité des urnes”.
La semaine dernière, la Conférence Episcopale Nationale du Congo (Cenco), représentant l’Eglise catholique, avait dit connaître le nom du vainqueur sans le citer. Une source gouvernementale congolaise avait affirmé au New York Times qu’il s’agissait de Martin Fayulu.
De son côté, l’UDPS avait proclamé son candidat victorieux bien avant la proclamation des résultats. Des rumeurs faisaient état d’un rapprochement entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi.
Mercredi en début de soirée, la déléguée du Mouvement de libération du Congo (MLC), un parti proche de Martin Fayulu avait claqué la porte de la Ceni.  “Le président de la Ceni ne suit pas la procédure”, avait déclaré Eve Bazaiba, la secrétaire générale du MLC. Au siège de l’UDPS des militants criaient victoire.
Les principales missions d’observation des élections, la Cenco, l’Eglise protestante et la Symocel, s’inquiétaient dans un communiqué commun d’une “agitation grandissante” au sein de la population congolaise et appelaient la Ceni à ne publier que le résultat des urnes.
Première transition démocratique

Cette élection signe la première transition démocratique au Congo, les successeurs de Joseph Kabila ayant été démis par la force.
Le président sortant avait renoncé à se porter candidat, la constitution congolaise interdisant un troisième mandat. En 2016, il avait reporté sine die l’élection présidentielle, provoquant une grave crise politique.
Joseph Kabila, qui devrait devenir sénateur de droit, n’a pas caché son intention de poursuivre la politique, voire de se représenter aux prochaines élections. Il avait pris le pouvoir en 2001 après l’assassinat dans des conditions mystérieuses de son père Laurent-Désiré Kabila.
Vincent Georis,  Journaliste
Source: L’Echo

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