Disciple de la « Charte de l’impérialisme », Crisis Group vient de sortir un nouveau pamphlet contre le Burundi.

Depuis 2010 à chaque fois que de besoin, ce groupe ne rate pas une seule occasion pour mettre la main sur le métier et charger le Burundi de tous les maux du monde, coupable et victime à la fois, des pyromanes pompiers. Dans son nouveau pamphlet, il annonce que maintenant en 2018 il faut soutenir la population burundaise face à la crise économique via des ONG et contre le gouvernement en place ! Quelle population ?

Dans son nouveau pamphlet, le groupe rapporte toute une série de problèmes et difficultés que rencontrerait la population burundaise mais ne mentionne nullement que l’origine en est la déstabilisation qu’on soumet au Burundi depuis le retour à la démocratie en 1993. Rappelons au passage que pendant la dure période de plus de 40 ans, où le Burundi courbait l’échine sous la dictature, ce groupe avait d’autres préoccupations ailleurs, le Burundi se portait très bien et n’avait aucun problème socio-économique (sic). Les graves violations des droits humains en 1965, 1969, 1972 (un véritable génocide), 1988, 1991, 1993 – … ça n’était que de la bonne gouvernance et les droits humains étaient garantis au titre de l’article 96 de l’accord de Cotonou, qui prévoit la suspension ou la modification de la coopération si l’une des parties ne respecte pas les droits humains, les principes démocratiques et l’Etat de droit.

Jamais malgré ces violations graves des droits de l’homme, les donateurs européens (Union européenne et Etats membres), jusqu’aux principaux bailleurs du pays, n’ont retiré leur soutien budgétaire direct au gouvernement dictatorial et moins encore ce groupe ne s’en est pas ému outre mesure. La situation était conforme aux prescriptions de la « Charte de l’impérialisme » donc satisfaisante aux standards en vigueur et les sanctions n’étaient pas opportunes.

Ce qui est étonnant, ce groupe reconnaît que recourir aux ONG pour cette fameuse aide à la population, a comme effet pervers de générer des conflits au niveau local, raison pour laquelle le groupe recommande qu’il importe donc de limiter les risques que son octroi pourrait exacerber la dynamique de conflit au niveau local. « Dans la mesure où leur aide passerait éventuellement par les ONG locales, les donateurs européens devraient renforcer la capacité de ces dernières à gérer ces fonds dans un contexte sécuritaire et politique très tendu. Ceci pourrait par exemple passer par un soutien accru à celles qui subissent une pression judiciaire du gouvernement ou par un soutien diplomatique au cas où leurs employés sont harcelés par les autorités » !!! Cette contradiction cache mal l’objectif poursuivi de générer des disfonctionnements institutionnels qui, à terme, peuvent paralyser tout le pays et amener le même groupe à plaider pour une mise, pure et simple, du Burundi sous tutelle.

Ce groupe méconnait à dessein que la coopération entre Etats est régie par les normes du droit international et que ce dernier consacre le principe d’égalité entre Etats, donc le strict respect des affaires intérieures d’un Etat car relèvent du droit interne, par-là, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

C’est comme si le Burundi était une « terra nullius », une terre qui n’appartient à personne et que donc les généreux donateurs peuvent disposer du peuple burundais contre son consentement puisqu’il s’est doté de ses institutions élues mais qu’au grand jour, ces néo-colons veulent outrepasser pour imposer leur diktat jusqu’à la colline via des ONG qui remplaceraient les institutions de l’Etat pour encadrer la population socio-économiquement. Dans ce cadre, la résistance du peuple burundais est perçue comme une infraction grave au regard des dispositions de la « Charte de l’impérialisme » et doit, dès lors, en payer le prix.

Au vu de ce qui précède, c’est devenu une question de foi pour tous les disciples de la « Charte de l’impérialisme », car l’objectivité plaide le contraire de la situation décrite dans leur pamphlet, car contraire de la réalité qu’on observe au Burundi, du moins pour ceux qui ont été sur place et qui ne sont pas aveuglés par cette religion coloniale. Le changement de régime n’a pas eu lieu, le génocide tant souhaité n’a pas eu lieu, les salaires sont payés et les fonctionnaires ne se sont pas révoltés, l’implosion du pays n’a pas eu lieu, le voisin instrumentalisé n’a pas envahi le pays, bref rien n’a eu lieu mais ils gardent la foi et continuent de prêcher dans le désert, au loup.

Comme la Bible le dit « on reconnait l’arbre par son fruit », leurs larmes de crocodiles nous laissent de marbre.

Ruvyogo Michel

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