Insécurité, politique: les acteurs-clés au Kenya
(AFP 07/07/14)

Le Kenya traverse une phase de fortes tensions depuis des attaques meurtrières perpétrées mi-juin dans le Sud-Est, près de la côte de l’océan Indien, qui ont durci le climat politique sur fond de craintes de violences ethniques.

Les derniers raids ont été revendiqués par les islamistes somaliens shebab. Mais le pouvoir a nié leur implication et accusé des “réseaux politiques locaux” alliés à des “gangs criminels”, plongeant le pays dans l’incertitude.

Voici les acteurs-clés de la période actuelle au Kenya:

GOUVERNEMENT: le président Uhuru Kenyatta, 52 ans, a été élu en 2013. Il est aujourd’hui l’un des leaders de la communauté kikuyu, la plus nombreuse du pays (plus de 20% de la population). Son vice-président William Ruto appartient à l’ethnie Kalenjin (environ 12%).

Les deux hommes sont poursuivis pour crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale pour les violences qui avaient suivi la présidentielle de 2007 (environ 1.200 morts), remportée par le sortant Mwai Kibaki malgré des accusations de fraude. A l’époque, Uhuru Kenyatta – qui soutenait le président Kibaki – et William Ruto appartenaient aux deux camps rivaux.

OPPOSITION: elle est conduite par l’ancien Premier ministre Raila Odinga, battu par M. Kenyatta à la dernière présidentielle et battu par M. Kibaki en 2007.

M. Odinga, 69 ans, est issue de l’ethnie luo, implantée dans l’ouest du pays (environ 13% de la population).

L’opposition a démenti toute implication dans les attaques récentes.

SHEBAB: les islamistes somaliens affiliés à Al-Qaïda ont revendiqué une série d’attaques meurtrières au Kenya, en représailles à l’intervention de l’armée kényane en Somalie, qui est intégrée à la force de l’Union africaine dans le pays (Amisom, 22.000 hommes).

Les shebab ont affirmé être responsables des derniers raids sanglants près de la côte touristique (une soixantaine de morts à la mi-juin, au moins 21 tués ce week-end).

Ils avaient aussi revendiqué l’assaut spectaculaire contre le centre commercial Westgate à Nairobi (au moins 67 morts en septembre 2013).

ISLAMISTES KENYANS: sympathisants ou alliés des shebab, ils comptent notamment le groupe Al-Hijra (l’Hégire), connu auparavant sous le nom de Centre de la jeunesse musulmane (MYC).

Dans les milieux islamistes locaux, les tensions sont très fortes depuis plusieurs mois, après une série d’assassinats de leaders radicaux à Mombasa, la grande cité portuaire de la côte.

Environ 12% des Kényans sont musulmans, et l’islam est majoritaire sur la côte. Autour de 80% de la population est chrétienne.

CONSEIL REPUBLICAIN DE MOMBASA (MRC): ce mouvement séparatiste interdit, qui a des partisans parmi les chrétiens et les musulmans, réclame l’indépendance de la côte.

Il dénonce la marginalisation économique de la région et invoque la forte identité culturelle de la côte par rapport au reste du pays. Il se présente comme un parti politique, mais la police lui a attribué des attaques.

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