Drôle de document de « sortie de crise » signé par l’opposition radicale à Arusha.

Après la supplique rédigée il y a quelques jours par Le Dr Minani Jean du CNARED et adressée à sa Marâtre de l’autre côté de la frontière, voici qu’en désespoir de cause, ses acolytes viennent de rédiger un document qui va dans le même sens mais qui ratisse large, afin d’attirer un œil éventuellement bienveillant de la nébuleuse qui leur avait confié la mission en 2015 de procéder à un changement de régime au Burundi mais en vain.

Pour ces acteurs dits politiques, le temps s’est arrêté à 2015 et les aiguilles de leurs montrent ne tournent plus, cheville ouvrière de la tentative de révolution de couleur que leurs mentors s’imaginaient rapide et foudroyante, artisans du coup d’Etat qui s’en est suivi et qui malheureusement a emporté beaucoup de vies humaines et provoqué beaucoup de dégâts de tous genres, exfiltrés par leurs patrons du Burundi et mis en lieux sûrs par ici et par là. Voilà que les perspectives des élections de 2020 sonnent le glas pour ces aventuriers, d’où le document jeté à la face du monde telle une bouteille jetée à la mer. Au secours, au secours, help.

Pourtant, on est déjà en 2018.

Nous apprenons que ces membres de l’opposition interne et externe sont parvenus à signer un document commun à Arusha dans la soirée de ce Dimanche. A la place de la feuille de route des élections crédibles de 2020 exigée par la facilitation, ces politiques ont fait une proposition soit disant « de sortie de crise ».

Nous apprenons qu’ils ont passé toute la nuit à signer le document qu’ils ont rédigé ensemble. Quelques signatures ont également été collectées dans la matinée de ce lundi. Même si ces politiques de l’opposition avaient fini de rédiger ce document exigé par la facilitation, ils ne s’entendaient pas sur certains points dont le fait que certains membres du Cnared-Giriteka ont voulu écrire le mot Cnared devant leur nom, ce qui a été rejeté par d’autres politiques surtout ceux qui résident à Bujumbura. Selon ces derniers, cela pourrait créer un mauvais climat parce que le gouvernement du Burundi ne veut pas du tout que le Cnared en tant que coalition politique soit invité dans ce dialogue. Il y avait aussi des querelles sur la qualité de leader légal des partis scindés en deux ou plusieurs ailes. Sur ce point les politiques ont finalement décidé de signer, chacun avec son nom, sans préciser le parti d’appartenance.

Le feuilleton dure depuis plus de trois ans et « les conclusions finales n’engageront que les participants », avisait le porte-parole du gouvernement burundais, Prospère Ntahorwamiye, dès le lendemain de l’ouverture tronquée de l’ultime round par l’ancien président tanzanien, reconverti en facilitateur dans le dialogue inter-burundais de paix.

Le même porte-parole du gouvernement donnait « trois raisons principales » à l’origine de cette absence à l’ultime round des pourparlers qui devait réunir, du 24 au 29 octobre, toutes les parties prenantes à la crise burundaise.
Le mois d’octobre est un « mois de deuil » en la mémoire des héros nationaux de la démocratie, Feu Président Melchior Ndadaye, et de l’indépendance, le Prince Louis Rwagasore, a-t-il expliqué, entre autres raisons qui avaient poussé le gouvernement à demander le report du cinquième round à une autre date.

La suite sera sûrement très passionnante et on peut entrevoir déjà beaucoup de pleurs et grincements de dents.

Ruvyogo Michel

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