Les Etats unis viennent de geler l’aide accordée à la Tanzanie en prétextant que les élections à Zanzibar n’ont pas été inclusive. La réponse du président Tanzanien ne s’est pas faite attendre; il a demandé à ses concitoyens de retrousser les manches et travailler dur; encore plus dur qu’avant pour s’en sortir. C’est la moindre des choses.

Le problème de ce chantage est qu’en réalité, l’aide n’en est pas une. Les entreprises internationales qui délivrent moult analyses concernant les performances des économies et des entreprises au niveau international sont toutes occidentales. On se rappellera les fameux programmes d’ajustement structurels qui avaient été décidés par le FMI et la banque mondiale ont aboutis à l’appauvrissement des pays qui les ont appliquer comme cela avaient été préconisé par ces deux institutions.

On a tendance à oublier aussi que les soi-disant aides ne sont jamais que des prêts remboursables d’une manière où d’une autre; soit en nature(concession des terres sur des siècles et du sous sol), soit avec intérêts sonnant et trébuchant.

Dans le cas du Burundi, il est navrant de constater que chaque fois que l’UE(Union Européenne) parle de ces “aides”, elle est obligée de préciser que de 2005 à 2015 le Burundi a reçu 450 millions d’euros, histoire de montrer que cette aide est importante.

La réalité est qu’elle représente 45 millions d’euros par an, soit 3.75 millions d’euros par mois. Ramené à chaque burundais ça représente 38 centimes d’euros par mois, soit encore 0,0125 centimes par burundais et par jour.

Sachant qu’un burundais vit en moyenne à peu près de 300 Dollars par an, 4.5 Euros par an équivaut à 1.5 % du revenu .

Deux solutions: soit le burundais produit les 4,5 euros, soit il renonce à une dépense correspondante. Sur l’année ça doit pouvoir se faire.

Ceci dit ces calculs d’apothicaire n’ignorent pas que c’est un casse tête pour le ministère des finances de boucler un budget sans ces 45 millions. Ils sont dérisoires ramenés au Burundais mais une bouffée d’air pour les services des finances. Trouver une recette pour couvrir ces 45 millions ne doit pas être facile d’autant que l’alternative de renoncer à une dépense est difficilement envisageable.

Il va falloir être créatif et se creuser le citron, car on ne convaincra pas le burundais de vendre son âme, s’asseoir sur sa liberté pour 4,5 euros par an.

Il est grand temps de conquérir l’indépendance économique, qui est le pilier de toute indépendance politique.