C’était hier le point de presse du porte parole de l’armée burundaise. Le colonel Gaspard Baratuza a exposé, prisonniers à l’appui, sur le bilan de l’attaque de Kayanza. Il a permis aux journalistes étrangers et locaux et aux responsables des organisations humanitaires de causer avec les assaillants faits prisonniers. Tout s’est fait dans la transparence et d’aucuns ont salué la grandeur d’esprit de l’armée burundaise qui a épargné tant de vies. Le spectre de Cibitoke est encore frais dans les mémoires. Un autre “carnage” pour ne pas parler de massacre était vite fait. Les parents de ce jeunes seraient maintenant en train de pleurer, des deuils sans cadavres. Des deuils confisqués. Cela a été évité. Dieu sait combien de familles burundaises ont vu leurs deuils confisqués sous la dictature militaire et même après la restauration de la démocratie en 2005! Pays des charniers par excellence? Génocide méconnu!

Des confessions de certains combattants, nous apprenons qu’ils ont avoué leur participation à la rébellion. Les uns disaient avoir commencé comme manifestants à Bujumbura avant de se rendre au Rwanda. D’autres disent avoir quitté le Burundi pour rejoindre la rébellion de Sinduhije! D’autres accusent les responsables de la société civile. D’autres se réclament d’Agathon Rwasa! Les journalistes pro rébellion, comme par exemple ceux du groupe Iwacu et de NetPress, qui étaient partis à la chasse de l’information sont rentrés têtes baissées. Ils étaient très mal: ces jeunes en haillons étaient bel et bien des assaillants lancés sur le front après quelques semaines de formation. Qu’ils aient été des étudiants, des gardiens de vaches, des chauffeurs de taxis moto ou vélos, ils avaient choisi la guerre. Ils parlent de ceux qui leur ont proposé les armes et ont miroité la victoire et un avenir plus honorable. Comme pour les combattants du CNDD-FDD qui, dix ans plus tard, sont devenus des généraux, colonels etc!

Ils croyaient déstabiliser le pays, empêcher la tenue des élections et arriver à contraindre Nkurunziza à jeter l’éponge. Ils ont été surpris par la réalité du terrain. Une fois le feu ouvert, la majorité a pris peur et ce fut la débandade. Beaucoup n’ont pas eu la chance de survivre. Plus de trente assaillants ont été tués aux premières heures d’affrontements. Deux colonels ont été faits prisonniers. Ce qui a rassuré bien des combattants qui se sont rendus aux forces gouvernementales. D’autres combattants ont été débusqués et regroupés avant d’être présentés à la presse. Il y avait des blessés.

Tous les assaillants rendent grâce à Dieu et regrettent leur folie. Et pourtant, certains médias tentent la diversion comme lors du putsch manqué de mai dernier. Ils affirment que le gouvernement a fait un montage! Que les assaillants ne sont que des jeunes payés 20000 francs burundais (moins de 12$) pour avouer qu’ils sont des combattants! On se souvient du même cynisme avec le coup d’Etat. Mais pour le cas des assaillants, les familles et amis qui ont vu des enfants ou frères étalés comme un troupeau maudit, ne vont pas tarder à protester. Les uns croyaient que leurs enfants s’étaient mis à l’abri au Rwanda. D’autres en croyaient loin en Ouganda. D’autres ne comprennent plus rien: le ciel leur est tombé dessus! Avec tous ces plans des détracteurs de Nkurunziza qui tombent comme des châteaux de cartes, Museveni qui est arrivé au Burundi cet après midi n’à qu’une chose à faire: sonner la fin de la machination.

Editeurs B-24

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