1. Ce 3 octobre 2016, dans les enceintes du Ministère des Finances, le Gouvernement de la République du Burundi a rencontré une délégation de l’Union Européenne, venue participer à la session d’évaluation de la décision prise par l’UE le 14 mars 2016, dans le cadre des consultations de l’article 96 de l’Accord de Cotonou.

2. Concernant le dialogue interburundais sous l’égide de la Communauté Est-africaine, le Gouvernement de la République du Burundi a précisé qu’il a participé à toutes les img-20161003-wa0017.jpgsessions du dialogue sous l’invitation de S.E. M. Benjamin Mkapa, ancien Président de la République Unie de Tanzanie et Facilitateur. Une équipe de la facilitation vient d’ailleurs de séjourner au Burundi pour des consultations.

3. Par ailleurs, le dialogue interburundais mené par la Commission Nationale de Dialogue Interburundais a fait des progrès remarquables, au bout de 6 mois de consultations au cours desquelles tous les citoyens qui l’ont souhaité ont eu la parole et se sont prononcés sur les questions fondamentales de la vie sociale, politique et économique du pays.

4. Concernant le désarmement, le Burundi a fait état de l’amélioration de la Sécurité, compte tenu de l’anéantissement de tous les groupuscules qui créaient l’insécurité dans la capitale Bujumbura, depuis l’insurrection (avril 2015) et la tentative de coup d’état (mai 2015). Aujourd’hui, la sécurité règne sur toute l’étendue du territoire même si la lutte contre les actes de terrorisme est une lutte permanente, au Burundi comme ailleurs dans le monde.

5. Le Gouvernement a indiqué à la partie européenne que les observateurs des droits de l’homme et les experts militaires de l’Union Africaine sont présents au Burundi, signe de la flexibilité du Gouvernement, puisque le Mémorandum d’entente n’est pas encore signé. En effet, l’UA n’a pas respecté les termes de l’accord de février 2016, issu de la réunion entre 5 Chefs d’état et de Gouvernement envoyés par l’UA et S.E. le Président de la République du Burundi.

6. Sur la question des medias, le Gouvernement a rappelé que la liberté de la presse est une réalité au Burundi, malgré la fermeture continue de quelques stations radio intervenue dans la foulée de la tentative du coup d’état du 13 mai 2015. Au delà de la img-20161003-wa0018.jpgréouverture des radios Isanganiro, Rema et Humuriza FM, six (6) nouvelles ont été agréées par le Conseil National de la Communication ainsi qu’une dizaine de journaux en ligne. Toutefois, certains organes de presse ont choisi le camp de la sédition en poursuivant les tentatives de déstabilisation du pays, à partir de l’étranger, particulièrement au Rwanda et avec le soutien de l’UE.

7. La question des droits de l’homme a également fait l’objet des discussions. La partie burundaise regrette l’empressement avec lequel le rapport de l’Enquête Indépendante des Nations Unies sur le Burundi a été publié et le refus du Bureau du Haut Commissaire à publier le contre-rapport du Gouvernement du Burundi. Ainsi, le Gouvernement a signifié à la partie Européenne que les enquêteurs n’ont pas rencontré le Gouvernement du Burundi et que les affirmations gratuites présentées comme conclusions sont biaisées et font perdre la crédibilité aux auteurs du Rapport et à l’Union Européenne qui est derrière cette résolution. Aussi, l’initiative d’un projet de résolution contre le Burundi prise par l’Union Européenne en s’appropriant les conclusions d’un tel Rapport ne peut pas aller dans le sens de la reconstruction positive de sa relation avec le Burundi.

8. Sous le même chapitre, le Gouvernement du Burundi a eu l’occasion de prouver que la situation des droits de l’homme n’est pas aussi mauvaise que l’UE voudrait la présenter. Les quelques défis ne peuvent pas constituer une raison d’en appeler à une résolution inacceptable parce que fragilisant le Burundi.

9. Enfin, fidèle à sa tradition de privilégier le dialogue avec les partenaires, le Burundi a encore une fois fait preuve de bonne foi en tenant cette réunion avec l’UE. Le Burundi regrette cependant la politique du fait accompli pratiquée par l’UE qui a décidé de prolonger d’un an les sanctions ciblées prises contre des officiels burundais, et cela avant même la tenue de la réunion d’évaluation. Cet unilatéralisme est regrettable. Le Burundi rejette encore une fois cette malheureuse décision de l’UE et invite cette dernière à lever toutes les mesures restrictives prises le 14 mars 2016.

Fait à Bujumbura, le 3 octobre 2016
Alain-Aimé Nyamitwe
Ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale