1. Depuis que les mouvements armés de libération existent, il a été relevé toujours la mise en exergue des idées politiques qui sous-tendent toutes les revendications et les activités des groupes en rébellion. Il y a lieu de citer, pour exemple, les cas de la plupart des pays qui constituent l’organisation régionale SADC, certains pays de l’Amérique du Sud, etc…

2. Ce qui étonne au Burundi ces derniers jours, c’est l’existence des groupes de tueurs en tenue d’agents d’ordre qui assassinent de paisibles citoyens sans aucune revendication politique. Ils tendent des embuscades à leurs cibles qu’ils éliminent sans autre forme de procès. De nombreux cas de Burundais ont été assassinés à travers les manifestations et l’insurrection sans raison aucune, parce qu’il n’est permis nulle part au monde d’éliminer ou de tuer quelqu’un parce qu’il ne partage pas les mêmes idées politiques et de tels actes ne pourraient se comprendre que sous la rubrique du terrorisme. Ce qui le prouve davantage est que les auteurs de ces assassinats sont drogués par leurs responsables à coup de cocaïne et autres drogues fortes afin d’agir sans pitié et sans contrôle, car ils ne pourraient s’insurger et s’adonner à tuer sauvagement d’autres concitoyens s’ils sont maître de leur conscience, étant donné que les raisons politiques n’existent pas si ce n’est peut-être que la cruauté et la vengeance pour avoir perdu le pouvoir.

3. Après avoir essuyé beaucoup d’échecs, ces pseudos politiciens ont sollicité l’appui de certains agents de l’ordre déserteurs ou ayant perdu la qualité de vrais protecteurs de la Nation pour renverser les institutions démocratiquement élues en un lapse de temps à travers un coup d’Etat. Même ceux-là n’ont pas réussi à atteindre leur objectif et se sont vite transformés en individus terroristes agissant comme le groupe terroriste de la Somali contre lequel des éléments de l’armée burundaise luttent jusqu’aujourd’hui. Une liste non exhaustive de ceux qui ont été déjà tués sélectivement ces derniers jours est ci-après:

 Claver Bapfumukeko, Directeur du Lycée Communal Ruvyagira et membre du Comité Communal du Parti au pouvoir en Commune Mutambu, et Harerimana Jean Marie, Président de la Ligue des Jeunes Imbonerakure à Ruvyagira, assassinés le 31/07/2015.

 Le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana assassiné avec ses agents de sécurité et son chauffeur, le 02/08/2015.

 1 civil membre de la Ligue des Jeunes Imbonerakure assassiné par ses voisins à Musaga le 02/08/2015.

 3 policiers assassinés au Lycée Communal de Cibitoke en Mairie de Bujumbura le 03/08/2015

 1 civil assassiné à Kiyenzi le 04/08/2015.

 1 civil membre du Parti au pouvoir assassiné en commune urbaine de Cibitoke le 04/08/2015

 Le Président du Parti au pouvoir en commune Kanyosha de la Province Bujumbura.

 Ainsi d’autres corps sans vie ramassés par la police dans différents endroits.
4. Les amis de la démocratie ne comprennent pas pourquoi certains pays de la communauté internationale entrainent et arment ce groupe de gens contre les citoyens burundais et ne s’empêchent de verser des larmes de crocodile quand il y a d’innocentes personnalités assassinées et des membres du parti politique au pouvoir pour réclamer, de concert avec les tueurs, le dialogue comme si c’est le nombre de morts qui va forcer les institutions démocratiquement élues à se faire piétiner et pousser le peuple burundais à renoncer à sa souveraineté la plus légitime qui est celle de se choisir librement ces propres dirigeants et se gouverner comme il l’entend. Il devient alors impensable que certaines organisations européennes, le Secrétaire Général des Nations Unies et autres se contentent seulement de dénoncer les atrocités qui sont en train de se commettre dans le pays sans dire mot des responsables de ces actes terroristes ni de certains pays qui les arment, les entrainent et les appuient financièrement. Une des preuves concerne les attaques de la commune Kabarore en province Kayanza et Bukinanyana en province Cibitoke les 10 et 11 juillet 2015 respectivement par une rébellion qui a été logistiquement créée et appuyée par le Rwanda dans le but de refuser au peuple d’aller élire ses institutions et de terminer par la prise forcée du pouvoir. Jusqu’aujourd’hui, ni l’ONU, ni l’Union Africaine, ni les organisations européennes, personne n’a condamné cet acte insensé des autorités rwandaises. C’est dire que ces différentes organisations violent les droits en rapport avec les relations internationales entre leurs Etats membres ainsi que le droit des Etats indépendants à jouir de leur souveraineté. Il faut alors que ces puissances aux bras longs cessent d’utiliser des groupes de gens pour renverser les pouvoirs qu’ils ne veulent pas dans le monde dans le seul but de faire prévaloir leurs intérêts.

5. En effet, les événements qui se sont déroulés dans l’histoire du Burundi ont été caractérisés par une main invisible qui, à chaque fois, a dressé les enfants du pays les uns contre les autres avec comme corollaire des massacres d’une partie des citoyens, des Présidents, des Parlementaires, des membres du Gouvernement sauvagement tués, sans oublier Feu Président Cyprien Ntaryamira qui a été assassiné avec ses deux ministres Bernard Ciza et Cyriaque Simbizi sur le territoire rwandais devant une communauté internationale silencieuse, n’osant pas identifier les responsables de toutes ces atrocités pour des raisons à la limite frisant la complicité. A chaque péripétie de cette histoire sombre, ceux qui n’ont pas été tués ont été moralement et psychologiquement anéantis tandis que d’autres ont gagné l’exil sous la bénédiction de cette main invisible qui ne manquait pas de retourner la situation en sa faveur en portant assistance aux réfugiés et en apportant un appui financier au pays victime sous forme de fonds de reconstruction.

6. Cette conception n’a pas changé. La main invisible, par le passé, dans le mal qui a rongé le Burundi s’est manifestée au grand jour depuis que le Burundi a célébré son Cinquantenaire en 2012. Consécutivement à cette cérémonie où de multiples réalisations ont été inaugurées pour prouver que le peuple burundais est capable, il est né un climat de déni des capacités intrinsèques du peuple burundais à pouvoir exercer sa souveraineté et à pouvoir jouir de la démocratie, instrument essentiel pour le développement à travers de multiples actions pour bloquer le processus de progrès social entrepris. En effet, la main invisible devenue visible aujourd’hui n’a pas supporté que les amis de la démocratie puissent réaliser des œuvres qui n’émanent pas de sa volonté et cette attitude envers le Burundi a été observée depuis l’Indépendance en 1962 lorsque le Prince Louis Rwagasore et ses amis ont arraché le Burundi des mains des colons pour amarrer le pays sur l’orbite de la démocratie et du développement, courant immédiatement étouffé par la décapitation du leadership de 1962 à 1965.

7. La même cause produisant le même effet, il a suffi que Son Excellence le Président Pierre Nkurunziza annonce que la véritable indépendance se voit dans le travail, résultat affiché par le Cinquantenaire, la main invisible a immédiatement organisé une nébuleuse politicienne pour la dresser contre le pouvoir. Depuis ce moment, une intense diabolisation de ce dernier et contre les pro-démocrates a été entreprise pour nuire et étouffer les efforts de progrès politique, social et économique du pays parce que les réalisations du Cinquantenaire avaient été suffisamment parlantes. C’est dans cet esprit que des manifestations sauvages ont été entamées en 2015, suivies d’une insurrection féroce ayant culminée par un coup d’Etat manqué. Cet échec n’a pas été digéré par les exécutants et leurs commanditaires qui ont par la suite emprunté la voie de terrorisme.

8. Ces faits rappellent étrangement la situation de la Libye et de la Syrie en destruction et des activités des mouvements terroristes dans certains pays sub-sahariens. Le dénominateur commun de ces actions terroristes est qu’elles ne sont fondées sur aucune idéologie politique puisque cherchant à détruire l’autre qui pense autrement pour promouvoir des intérêts ou des idéaux sectaires et non constructeurs pour le compte des identités socio-culturelles, religieuses, ethniques, racistes, etc…

9. Aujourd’hui, les amis de la démocratie rappellent à qui veut les entendre que ce qui se passe présentement dans le pays est caractérisé par des individus ou un groupe d’individus qui ne veulent aucunément entendre parler de la démocratie comme par le passé où les différentes dictatures militaires se sont succédées dans les pleurs et dans le sang. Lorsque Feu Président Melchior Ndadaye a tenté d’instaurer un pouvoir démocratique au Burundi, la main invisible ne lui a pas laissé le temps d’exécuter son programme politique et un coup d’Etat est intervenu sans tarder par l’utilisation d’un groupe de politiciens antidémocrates burundais. Le même groupe a été encore une fois sollicité par la même main, hier invisible, devenue visible aujourd’hui, à travers des réactions et des comportements étouffants de la communauté internationale face au peuple burundais, dans le sens de lui refuser l’exercice de son droit légitime, celui d’élire ses dirigeants et de mettre en place les institutions de son choix. Ceci a été observé depuis 2010 avec un accent particulier en 2012 suivi d’un début de mise en œuvre insurrectionnelle en 2015, tout cela dans la volonté de nuire à la poursuite des efforts de décollage de l’économie du pays dans le Cinquantenaire qui suit. C’est dans cet esprit que des actions terroristes sont menées en vue de stopper net la marche de ce processus en préparant l’assassinat du Président de la République nouvellement élu, Son Excellence Pierre Nkurunziza, afin qu’il ne prête pas serment et que les Burundais se rentrent dedans comme cela s’est produit au Rwanda en 1994, et retomber dans des négociations pour des Gouvernement de transition sans fin. Ce mode d’opération est déjà connu depuis les années 1970 au Burundi et rien de surprenant dans ce plan macabre.

10. En conclusion, il n’est point de doute que ces groupes terroristes qui sont en train de tuer sélectivement leurs frères innocents sont appuyés par certains éléments de la communauté internationale puisque chaque fois qu’il y a des morts dans les rangs des amis de la démocratie, la communauté internationale semble s’en émouvoir, mais en réalité, elle ne prend aucune mesure contre les terroristes et leurs commanditaires, mais plutôt harcèlent la partie agressée et affligée d’accepter l’engagement au dialogue avec les tueurs alors qu’une pareille situation ne saurait être acceptable dans les autres pays de la communauté internationale qui ont choisi le chemin de la démocratie comme mode de Gouvernement. L’histoire du Burundi est lourdement chargée à telle enseigne que la communauté internationale ne devrait pas retourner le couteau dans les plaies du peuple burundais en lui imposant un ordre néocolonial dans l’asphyxie de sa souveraineté nationale.