Depuis quelques jours, il se remarque de longues files d’attente devant quelques stations d’essence à Bujumbura. Il arrive à certains automobilistes d’attendre toute une journée et de rentrer bredouille. Certains gérants ou propriétaires de station vont jusqu’à faire de la discrimination en sélectionnant parmi les clients leurs amis ou clients fidèles avant de servir. C’est scandaleux.
Il faut noter que cette pénurie réelle ou artificielle survient au moment où le gouvernement procède régulièrement à la baisse des prix à la pompe en tenant compte de la chute des cours du baril sur le marché international. Jusqu’à maintenant le ministère ayant le commerce dans ses attributions n’a pas expliqué si le stock n’est pas suffisant ou si les importateurs ont choisi de suspendre les importations pour faire plier le gouvernement.
Sur les ondes des radios privées, les automobilistes crient leur rage et demandent au gouvernement de réagir. Soit il suspend la baisse des prix, soit il renonce à certaines taxes qui grèvent sur la structure des prix des carburants. Le ministère des finances rassure qu’aucune taxe n’a été ajoutée ces derniers mois.
Les automobilistes, comme des enfants aux abois, tendent les mains vers l’Etat. Mais d’aucuns se demandent où est passé le stock stratégique qui devrait éviter au pays ce genre de pénurie. L’on fait également remarquer que dans le voisinage, quand un pétrolier refuse de mettre des produits sur le marché en simulant une carence, le gouvernement réquisitionne les équipements et les entrepôts et grâce à son stock stratégique, il évite ces pénuries artificielles.
Au Rwanda, si l’importateur ne fait pas son travail, on lui retire sa licence. Mais au Burundi, les importateurs ont un alibi en béton: la pénurie des devises. Vrai ou faux? Le pays serait-il à court de devises alors que la banque centrale affirme que les réserves sont suffisantes?
Disons qu’il y a eu plus de peur que de mal, car le problème serait en voie d’être résolu. Les camions en grand nombre sont attendus à Bujumbura aujourd’hui et toute la semaine. Mais les files d’attente éprouvent les nerfs et ralentissent les affaires en ville comme à l’Intérieur du pays sans oublier que le marché noir en profite pour ceux qui sont impatients ou contraints par des urgences.
Reste à reconnaître que ce genre de situations risque de se produire encore car certains importateurs hésitent à importer en arguant que les prix des carburants sont devenus plus que jamais fous sur le marché international et il y a le délai d’un mois à tenir en compte pour que les carburants transportés par voie terrestre à Bujumbura. Dossier à suivre.

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