Avec l’énergie du désespoir le CNARED et ses financiers espèrent-ils un éventuel futur miracle négocié à Arusha ?

Nous venons de lire sur la toile une énième information faisant croire que des préparatifs secrets pour des négociations de dernière chance sont proposées au gouvernement burundais et qu’en cas d’échec c’est l’UA, l’ONU voire l’UE, de toute façon, l’une de ces institutions devrait prendre la main et donner l’estocade aux institutions burundaises élues, afin disent-ils, pour apporter aux citoyens de ce pays la démocratie et la fin de la crise actuelle !

Au fait, ils veulent apporter quelle démocratie plus démocratique que celle qui a permis aux Burundais de se doter d’institutions démocratiquement élues ? La crise, quelle crise ? Nous savons tous que le CNARED est en crise, s’agit-il, d’elle qu’on parle et qu’on voudrait résoudre via les pseudo-négociations tant souhaitées ? C’est vraiment dommage et regrettable pour les financiers du CNARED car ils ont investi à perte, mais sommes toutes, ils devaient préalablement savoir que leur entreprise était, dès le départ, très hasardeuse et qu’elle recelait beaucoup d’inconnues et peu d’équations.

Il est possible qu’ils doivent retourner à Ngurdoto en Tanzanie pour finaliser la feuille de route dont une partie du contenu est déjà réalisée notamment la réussite du récent référendum constitutionnel, le restant étant la mise en place du dispositif électoral pour 2020 et tous les contours légaux en conformité avec la nouvelle constitution.

La constitution burundaise garanti l’égalité des citoyens devant la Loi, tout comme elle protège les droits civils et civiques des citoyens Burundais, de cela, il en découle que tous les acteurs politiques jouissant de leurs droits peuvent participer à la vie nationale sous toutes ses formes à la seule exception que ceux qui ont des dossiers pendants en justice ou ceux qui ont commis des crimes odieux par exemple les putschistes en sont d’office exclus, qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Tout le reste n’est que supputation.
Personne ne peut empêcher les gens de rêver, fut-il, les yeux ouverts mais la réalité est intraitable. Nier que le Burundi est un Etat indépendant et souverain tout en s’imaginant qu’on peut introduire une supplique auprès du néo-colon pour qu’il refasse parler la chicotte et faire cravacher les Burundais au pas est une autre histoire, à reculons cela s’entend. Que le Tout Puissant préserve les Burundais de ce « bien » qu’on veut leur faire sans leur consentement. Ils ne sont pas demandeurs, ils veulent uniquement qu’ils soient respectés au même titre que les autres peuples et que leur volonté souveraine soit considérée avec toute son acuité.

Le vécu a démontré aux Burundais qu’il faut se méfier des voix des sirènes qui trop souvent ne sont que des éléments annonciateurs du mauvais temps et l’apparition de prédateurs qui jouent avec brio au métier de pompier-pyromane. L’esclavage était disait-on pour apporter la civilisation aux demi-sauvages par le travail et la Foi ; la colonisation était disait-on pour apporter le progrès aux peuples indigènes, actuellement le néo-colonialisme est pour apporter aux peuples sous-développés le développement socio-économique et patati et patata, … Une seule constante s’impose vu que tout cela ne rime qu’avec pillage et destruction des cultures qui en sont la cible. Pendant la longue période où les Burundais courbaient l’échine sous des régimes dictatoriaux, on n’a jamais entendu ces bons Samaritains malgré les assassinats, pogroms, génocide…

Nous avons compris tout cela et qu’ils se le disent ; ceux qui veulent réellement œuvrer en solidarité avec le peuple Burundais sont les bienvenus mais les adeptes de la prédation sont invités à chercher d’autres lieux car le Burundi a déjà assez donné rien qu’en comptabilisant le nombre de veuves, de veufs, d’orphelins, de traumatisés à vie, d’apatrides, d’acculturés, etc… et du manque à gagner accumulé, suite à toutes ces catastrophes humanitaires qu’on a dû endurer.

Le Burundi d’aujourd’hui répond aux normes qui définissent un Etat de droit mais cela n’empêche pas les tentatives de déstabilisation qu’il subit à outrance par les ennemis de la paix, pour la simple raison que les néo-colons ne voient dans ce pays que de la matière première à exploiter et une position géopolitique et géostratégique à occuper pouvant leur permettre d’écumer davantage la sous-région au profit de leurs intérêts. Tant que cet objectif ne sera pas atteint, ils parleront toujours du Burundi pays en crise. Puisque ce sont eux qui la diligentent.

Le peuple burundais disposant de lui-même est amené à s’auto organiser en mettant en place les institutions qui veillent sur la concorde nationale mais également qui, en cas de besoin, peuvent châtier les brebis galeuses quand elles entreprennent des actions tendant à détruire le tissu national. On ne peut pas vouloir quelque chose et son contraire.

Mais le dialogue qui a toujours caractérisé la société burundaise continuera, rien ne pourra l’arrêter.

Ruvyogo Michel

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