La longue lutte pour l’Indépendance du Burundi

La longue lutte pour l’Indépendance du Burundi

Après la lutte pour l’Indépendance Nationale surtout politique par le Roi Mwezi GISABO (1896-1903), MIREREKANO Paul (1950-1962) et le Prince Louis RWAGASORE (1956-61), le Président de la République Feu Pierre NKURUNZIZA s’est illustré par la lutte pour l’indépendance économique depuis 2005.

Cette année-là marque la reprise de l’indépendance économique sous le leadership de feu NKURUNZA, à la tête du Conseil National pour la Défense de la Démocratie – Force de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD).

Comme vous le savez, avant 2005, le Burundi n’avait pratiquement que l’indépendance politique. Or, la vraie indépendance d’un pays est basée sur l’indépendance économique. Feu NKURUNZIZA a résisté contre les exigences des néocolonialistes dans le domaine minier, notamment. Il a initié l’exploitation minière industrielle dans laquelle le Burundi a une part d’investissement. Aujourd’hui, c’est l’Etat du Burundi qui fixe, seul, les closes du code minier. Il a initié l’auto-financement nationale des élections générales de 2015, de la Constitution du 7 juin 2018 et des élections générales du 20 mai 2020. Ainsi, il a rendu caduque la dépendance financière des néocolonialistes qui, souvent, en profitaient pour imposer des conditionnalités pouvant mettre au pouvoir un de leurs agents. Par ailleurs, le taux de couverture des frais de fonctionnement de l’Etat, par les recettes nationales, est passé de 49% en 2005 à 89% aujourd’hui.                                      Quant au taux de croissance moyenne nationale de la production alimentaire, elle est montée à 6% avec son impact positif sur l’autosuffisance alimentaire du Burundi. Le plus grand facteur de la croissance et de l’indépendance économique repose sur les travaux communautaires dans lesquels Feu le Président NKURUNZIZA participait régulièrement et personnellement au côté de simples citoyens. Ces travaux ont produit énormément de construction d’écoles, des infrastructures médicales, routières et logements évitant ainsi les fameuses enveloppes de la Coopération au Développement exhibés par les néocolonialistes.                                                                                   Qui plus est, Feu le Président NKURUNZIZA a initié les Coopératives Sangwe de production. Il a ordonné un appui de 10 millions de FBu à chaque coopérative comme fond de démarrage. Cette initiative de Feu NKURUNZIZA est une véritable relance des coopératives du Prince Louis RWAGASORE et de Paul MIREREKANO sabotés par les colons en 1958.

Par ailleurs, après la défaite de Mwezi GISABO, la reprise de la lutte pour l’Indépendance politique remonte à 1950 sous la direction de l’Agronome Paul MIREREKANO soutenu par les Swahilis de Buyenzi, quartier de Bujumbura, selon l’Historienne Christine Deslaurier. Il dirigeait l’Union Nationale du Rwanda-Urundi (UNARU). Il créa ensuite l’Union des Progressistes Barundi (UPB). Après quoi MIREREKANO Paul transforma UPB en Union pour le Progrès National (UPRONA) ce qui a poussé le Président de la République feu Pierre NKURUNZIZA à déclarer le 1er juillet 2019 que « MIREREKANO Paul serait le fondateur de l’UPRONA » qui mena le Burundi à l’Indépendance Nationale. Il ajouta que « c’est MIREREKANO qui a surnommé les militants de l’UPRONA, Abadasigana ». A ce propos, les auteurs comme l’Historien Augustin NSANZE ancien ministre des Affaires Etrangères, l’Ambassadeur Herménégilde NIYONZIMA et le député feu MANWANGARI sont affirmatifs.

Dès 1954, MIREREKANO Paul « s’était intégré dans les mouvements indépendantistes des pétitionnaires NTUNGUKA, BIGIRANEZA et RUKEBA qui étaient déjà à la Commission des Tutelles des Nations Unies», selon le Dr Pie MASUMBUKO.

Le 31 Mai 1955, lors de la visite au Burundi du Roi des Belges, Sa Majesté Baudouin Ier, ce Roi s’arrêta longuement au kraal de légumes de MIREREKANO sur la route de Bugarama-Bukeye. Cet événement explique pourquoi MIREREKANO Paul a obtenu un siège dans le Conseil Supérieur du Burundi depuis 1955.

Selon Sylmpedia dans Google, « MIREREKANO va se distinguer lors de la visite du Roi des Belges en déjouant la vigilance de sa garde et en lui donnant lecture des conditions de vie des paysans. Impressionné, le Roi Baudoin lui enverra deux tracteurs modernes dont un qui sera détourné par l’administration coloniale. Très tôt, il se manifesta aux autorités coloniales par ses actions politiques pro-indépendantistes qui le mirent rapidement sous surveillance ».

1957 “Cette année-là, le Prince Louis RWAGASORE et MIREREKANO Paul se mirent à créer des coopératives de commerce et de production Agricole” selon Christine Deslaurier. Ce fut le début de la lutte pour l’indépendance économique. Une année après, Jean Paul HARROY explique comment « les véritables affrontements débutèrent à propos des coopératives indigènes lancées, telles des machines de guerre, contre le pouvoir colonial. Concernant les coopératives, RWAGASORE et MIREREKANO se sont réparti les tâches. Le Prince RWAGASORE prit en charge la promotion des petites et moyennes entreprises avec comme épicentre, le quartier musulman de Buyenzi dans la capitale Bujumbura. Paul MIREREKANO se consacra à la promotion des paysans par les cultures maraichères avec comme épicentre Bugarama situé dans le fief royal de Muramvya. L’administration des Colons mit tout en œuvre pour torpiller les coopératives commerciales et y parvint à la fin de l’année 1958; ce qui provoqua la désobéissance civile, des grèves fiscales et boycottage des commerces non africains », selon Christine Deslaurier.

En 1958, MIREREKANO Paul, qui avait la légitimité populaire, reçu l’appui de Thaddée SIRYUYUMUSI, d’abord, André NUGU ensuite, et enfin, le Prince RWAGASORE qui apporta la légalité en qualité de Fils du Roi régnant. Depuis, le Prince RWAGASORE donna à la lutte un caractère officiel.                                                                                                             Pourchassé par les colons, MIREREKANO Paul, demanda à ses militants, les Abadasigana, son remplacement par le Prince RWAGASORE comme président de l’UPRONA. Il croyait que le Prince RWAGASORE était inattaquable en tant que fils du Roi. MIREREKANO Paul organisa des élections internes avec la consigne d’élire le Prince RWAGASORE comme Président de l’UPRONA pour le remplacer à ce poste. A la sortie des urnes, le premier comité qui a dirigé l’UPRONA fut composé comme suit : NUGU, Président, le Prince RWAGASORE, Secrétaire Général et MIREREKANO, Trésorier Général. Lors du premier Congrès de l’UPRONA, en mars 1960, Paul MIREREKANO demanda, encore une fois, aux Abadasigana d’élire le Prince RWAGASORE comme Président de l’UPRONA. Ses veux furent, enfin, exhaussés. Le nouveau comité de l’UPRONA devint : le Prince RWAGASORE Louis, Président, Thaddée SIRYUYUMUSI, Secrétaire Général et MIREREKANO Paul, Trésorier Général. Au terme de ce premier Congrès, RWAGASORE et MIREREKANO demandèrent l’indépendance complète et immédiate pour le Burundi. Ils ont demandé et ont obtenu l’établissement d’une monarchie constitutionnelle. Ils lancèrent un appel à la désobéissance civile avec le boycott des produits belges et le refus de payer les taxes à l’Administration Belge. Suite à cet appel, le Gouverneur HARROY plaça le Prince RWAGASORE dans une résidence surveillée à Rumonge, au Sud du Burundi.

« Le 30 juin 1960, le Prince LOUIS RWAGASORE ET PAUL MIREREKANO sont invités aux cérémonies d’indépendance du Congo. De là, ils apprennent que les Belges risquent de les emprisonner dès leur retour. Le Prince conseille à MIREREKANO de rester à Kinshasa », a souligné l’Honorable feu Léon MANWANGARI. Le Premier Ministre Patrice LUMUMBA accorda le droit d’asile à MIREREKANO Paul. Le 17 janvier 1961, Patrice LUMUMBA est assassiné. MIREREKANO changea de lieu de refuge et s’installa quelques temps en Tanzanie. Le Président Julius Mwalimu Kambarage NYERERE le prit en charge.

Suite aux élections législatives du 18 septembre 1961 gagnées par l’UPRONA, Thaddée SIRYUYUMUSI est élu président de l’Assemblée Législative le 28 Septembre 1961. Le 29 Septembre, le Prince Louis RWAGASORE devint Premier Ministre. Après quoi, les colons n’ont pas tardé d’assassiner le Héros National, le Prince Louis RWAGASORE le 13 octobre 1961.

Le 1er juillet 1962, c’est le jour de l’Indépendance politique du Burundi. Liesse populaire sur tout le territoire national ! MIREREKANO Paul est rentré clandestinement très tôt le matin au Burundi. La Sûreté Nationale, qui était dirigée par Boniface Fidel KIRARANGAYA démasqua MIREREKANO Paul au stade, enfouis dans un grand groupe de ses plus proches partisans, au milieu d’une foule compacte, hors tribune, en pleine cérémonie de la fête pour l’Indépendance. Le Chef de la Sûreté, Boniface Fidel KIRARANGAYA signala, discrètement au Roi MWAMBUTSA IV, la présence de MIREREKANO Paul dans la foule. Le Roi ordonna que MIREREKANO soit amené à la tribune d’honneur sans hésitation ni crainte de la réaction du Gouverneur Paul HARROY. Le Protocole l’installa à une petite distance du Roi. Ce jour, fut restauré l’indépendance politique perdue depuis la défaite du Roi Mwezi GISABO en 1903.

Enfin, rappelons qu’en 1884 le Roi Mwezi GISABO mit en déroute l’esclavagiste arabe Mohammed Ben KHALFAN alias RUMALIZA (en swahili « l’exterminateur »), qui tenta de réduire en esclavage les Burundais. Comme arme décisive et fatale, les troupes du Roi, Abadasigana, lançaient des flèches empoisonnées sur les troupes de RUMALIZA au moment précis où ceux-ci rechargeaient leurs fusils qui n’avaient pas le mécanisme de répétition. RUMALIZA fut défait à Buzige aux environs de Bujumbura en 1886. Ainsi, le Burundi devint un des rares pays d’Afrique qui a réussi à repousser l’esclavagisme.

En 1896 les Allemands envahirent le Burundi pour en faire une colonie conformément au dépeçage de l’Afrique au Congrès de Berlin en 1885. D’autres pays comme la Tanzanie, le Rwanda, le Cameroun, le Togo et la Namibie subissaient le même sort.

Le Roi MWEZI IV GISABO a héroïquement résisté contre cette colonisation allemande. La longue lutte nationaliste du Roi Mwezi GISABO et ses Abadasigana a duré 7 ans. Les fusils allemands contre les flèches empoisonnées des Abadasigana. Notez qu’en cette période l’Allemagne avait battu l’Autriche en quelques semaines seulement. Pour avoir le dessus sur le pouvoir de Mwezi GISABO, les Allemands ont dû recourir, plus tard, à une nouvelle arme allemande : le fusil mitrailleur. Des dizaines de milliers des Abadasigana tombèrent sur le champ de bataille surtout avant leur constat que les fusils des Allemands avaient le mécanisme de répétition sans aucune interruption qui leur aurait permis de riposter sur le champ comme ils l’ont réussi contre RUMALIZA.                                                                                Ensuite, les Allemands ont appliqué la stratégie de divide ut impere (diviser pour régner) en dressant le gendre du Roi, MACONCO, contre son beau père Mwezi GISABO et en opposant le Prince KIRIMA contre son frère MWEZI GISABO. Ainsi, le Roi Mwezi GISABO perdit la guerre en 1903. Le Burundi venait de perdre son indépendance. Avant cette année-là, le Burundi était politiquement et économiquement indépendant.