Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU devenu un instrument politisé, incorrect et partial, les USA s’en retirent. Le Burundi devrait-il en faire autant ?

Les USA se sont retirés cette nuit du Conseil des droits de l’homme des Nations unies ; « Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de rester membre d’une organisation hypocrite et égoïste qui se moque des droits de l’homme », selon Nikki Haley.

Les Etats unis ont annoncé mardi 19 juin 2018 se retirer du Conseil des droits de l’homme à Genève. L’annonce a été faite à Washington par le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo et l’Ambassadrice à l’ONU. Cet organe de l’ONU avait été créé en 2006 pour promouvoir les droits de l’homme dans le monde. Les Américains lui reprochent son biais à l’égard d’Israël.
Pendant la longue période que se sont succédés les régimes militaires hima dictatoriaux, des fonctionnaires internationaux indifférents brillaient par leur silence assourdissant. Des pogroms ont été faits en 1965, 1969, 1972, 1988, 1993 avec des centaines de victimes directes et indirectes mais personne ne les a entendu parler. Depuis 2005 que les Burundais démocratiquement se choisissent leurs dirigeants, des fonctionnaires internationaux aidés par leurs suppôts locaux nostalgiques de ce passé douloureux pour le reste des Burundais, produisent pratiquement chaque mois des rapports faisant l’apologie du génocide. S’ils en veulent un, de plus, qu’ils œuvrent d’abord pour la vérité de celui de 1972.

Apparemment, le sang qui a coulé cette année-là, n’est pas digne d’intérêt aux yeux des hauts fonctionnaires, malgré que les rescapés et les victimes de ces violations massives des droits de l’homme, à ce jour, réclament toujours en vain que justice soit faite. Pour s’en détourner, il n’y a que les allégations contre les « Imbonerakure », à qui on colle anticipativement des crimes non commis mais faisant déjà l’objet de maints rapports de milieux spécialisés en droits de l’homme, qui constituent sa préoccupation sérieuse. On n’est passé du fameux « câble à l’ONU » des supposées distributions des armes, qui s’est avéré faux, aux allégations de futurs viols massifs d’opposantes par les « Imbonerakure ».

Tous ces fonctionnaires internationaux ne sont payés que grâce aux crises dans les pays du tiers monde, leurs rapports ne seront jamais différents quelle que soit la nature et/ou le contexte d’une situation. Ils n’ont pas besoin d’effectuer un travail de terrain de vérification, ils ont juste besoin de trouver les justificatifs pour assurer leur existence. La fin des crises dans le monde signifierait la fin de leur job. Rien d’étonnant qu’ils sont toujours à l’affût de la moindre faille dans un pays pour y trouver une opportunité de financements. Le terme « Imbonerakure » est devenu une source d’espoir pour tous ceux qui ne font que récolter là où ils n’ont pas semé.
Quelle est la responsabilité de ces hauts fonctionnaires, surtout quand ils provoquent des crises humanitaires au lieu de les obvier ? La période d’avril et mai est toujours douloureuse pour bon nombre de familles burundaises qui portent gravée dans leurs cœurs la souffrance endurée suite aux massacres d’avril-mai 1972.

Aujourd’hui et afin de nous détourner, plus que jamais, de l’attention qu’il faut porter à ce premier génocide commis sur le continent africain, une médiatisation particulièrement agressive et atypique menée par des professionnels des médias par une écriture fictionnelle, d’une certaine société civile incivique, de l’opposition irresponsable et non patriotique, d’universitaires peu regardants, de fonctionnaires internationaux peu scrupuleux, d’ONGE et de milieux néocolonialistes se rejoignent dans une démarche de pseudo-analyses et mettent en commun des points de vue et des réflexions qui offrent au lecteur une diversité d’angles de lecture biaisée de l’histoire passée et récente du Burundi, compromettant ainsi les acquis de la paix retrouvée malgré tant de souffrances endurées.
Le Burundi s’est déjà retiré de la CPI, il devrait aussi étudier les voies et moyens de se retirer de ce Conseil des droits de l’homme qui n’est qu’un instrument de déstabilisation des Etats du tiers monde cochés géostratégiquement par les grandes multinationales, qui financent en partie ces fonctionnaires, en vue du pillage de leurs maigres ressources.

Au fait, depuis que le Burundi en est membre, qu’a-t-il gagné ? A ce jour rien et ce Conseil a ajouté le mal au mal en participant au projet de déstabilisation de notre beau pays.

Heureusement que jusque maintenant le tout puissant a érigé un rempart pour protéger les Burundais des affres de leur projet diabolique et néocolonial.

Ruvyogo Michel