On se souvient encore du président Barack Obama s’adressant au peuple burundais comme s’il avait supplanté Nkurunziza! On se souvient des déclarations tonitruantes de Samantha Power vendant à vil prix la peau du Président Nkurunziza comme un ours tué dans quelque brousse africaine! On se souvient encore des chantages de l’Union Européenne menaçant le Burundi de sanctions s’il ne se mette pas à table avec le CNARED. On se souvient encore des tapages médiatiques à Paris et Bruxelles de Pancrace Cimpaye, Pacifique Nininahazwe, Maggy Barankitse et un certain David Gakunzi accusant le président Nkurunziza d’avoir planifié et être en train de commettre un génocide contre les Tutsis au Burundi! On se souvient de Paul Kagame se moquant du président burundais à qui il reprochait de s’accrocher au pouvoir par des tueries et au mépris des cadavres de sa “milice” appuyée, d’après lui, par des éléments des FDLR et des Interahamwe. On se souvient des départs massifs des Burundais avec un accueil spectaculaire au Rwanda: camions et nourritures souvent en attente sur la frontière rwandaise et octroi immédiat du statut de réfugié!

Ce samedi 20 février 2016, à Cibitoke, l’image a fait le tour du monde: celle du Président Nkurunziza effectuant des travaux de développement en compagnie de l’envoyé spécial du président Obama dans la région des Grands Lacs et de l’ambassadeur des USA au Burundi. Impensable il y a presque dix mois! S’il est prématuré de conclure à un changement de ton et de cible dans la politique des USA au Burundi, l’image a fait le bonheur des millions de Burundais qui sont restés fidèles au combat de Nkurunziza pour le respect de la souveraineté nationale. Le plan des Sindumuja s’est écroulé comme un château de cartes.Et comme dit l’adage, “le mensonge emprunte l’ascenseur mais est toujours rattrapé par la vérité qui emprunte les escaliers”. L’image est tombée comme un message réconfortant: “nous sommes à vos côtés Mr le Président et aux côté de ce peuple courageux qui veut bâtir un pays développé”! On se souvient que c’est à Cibitoke, où en décembre 2014, une attaque d’une rébellion éphémère s’était déclarée avant d’être étouffée dans l’œuf par les vaillants militaires de la FDN appuyés par la PNB. On croyait que les aventuriers avaient compris la leçon. La suite des événements allaient montrer que les troubles prendraient une autre tournure, une autre ampleur.

En avril 2015, le Président Nkurunziza est choisi comme le candidat de son parti pour les élections présidentielles. La société civile, dite apolitique et sans but lucratif, déclenche l’insurrection. Une nouvelle balkanisation des quartiers s’en suit comme en 1994 après le putsch sanglant contre Melchior Ndadaye. Le reste du pays reste calme sauf une partie du Sud du pays qui se croit majoritairement tutsi! Erreur monumentale des organisateurs qui ne comprennent pas que la coloration ethnique de leurs revendications est un grossier traquenard. Ils persévèrent dans l’erreur avec des soutiens financiers et diplomatiques des puissances européennes et du lobby de Samantha Power. Pendant ce temps, l’ambassadeur des USA au Burundi, Dawn Liberi est presque mise en congé technique! Elle doit avoir souffert de la mégalomanie de sa consoeur Samantha! Mais comme dit l’adage:”les grandes douleurs sont muettes”! Le plan de renversement du régime au Burundi a connu son point culminant avec la tentative de coup d’Etat militaire. Le Président Kagame depuis Dar es salaam fut le premier à recevoir la nouvelle et à s’en réjouir! Ce qui a choqué son homologue Kikwete. La Tanzanie a joué un rôle de voisin responsable:” Quand la case du voisin brûle, apporte-lui de l’eau pour éteindre l’incendie”! La même soirée, Nkurunziza a regagné son pays. Ce fut un échec cuisant pour les putschistes et les Sindumuja.

L’autre échec non moins cuisant fut bien entendu la réussite du processus électoral. Une élection salué par l’ONU comme paisible et libre. Et le leader historique du FNL, Agathon Rwasa, qui choisit d’enfoncer le clou dans le pied des Sindumuja: il s’incline devant le verdict des urnes et occupe son siège comme député élu! La colère fut alors à son comble du côté des Sindumuja et de leurs patrons de l’Occident. Mais le grand exploit du Président Nkurunziza fut sans doute d’avoir pu garder l’armée et la police comme remparts des institutions. Les désertions furent bien maîtrisées et sans doute ceux qui ont succombé au ramage des oiseaux de mauvais augures regrettent-ils comme le corbeau après avoir perdu son fromage au profit de quelque renard! Du Rwanda, les rapports des organisations internationales pointent du doigt Paul Kagame comme un élément dangereux et qui déstabilise le Burundi. Ces rapports ont confirmé ce qui n’était qu’un secret de polichinelle: car du Rwanda, les opposants fugitifs reçoivent des fonds pour voyager de par le monde, les radios peuvent diffuser des informations se félicitant des crimes commis par les terroristes au Burundi et du Rwanda encore, bien des jeunes Burundais sont formés au maniement des armes à feu et envoyés vers le front au Burundi. Inutile de revenir sur l’attaque de Kayanza et Ngozi en juillet dernier. Il se raconte que même le commando qui a ôté la vie au général Adolphe Nshimirimana venait du Rwanda!

Et ce samedi 20 février 2016, les USA qui venaient de dénoncer le Rwanda comme fauteur des troubles au Burundi apparaissent aux côtés du Président Nkurunziza. Il était temps que le monde entier reconnaisse et confesse son erreur d’avoir diabolisé le “freedom fighter” Nkurunziza. Alors que Paul Kagame a dû réviser la constitution, alors que Denis Sassou Ngwesso a dû réviser la constitution pour s’éterniser au pouvoir, Et qu’en est-il du génocide des Tutsis sur lequel Kagame s’appuyait pour émouvoir le monde avec ses flots de larmes de crocodile?

Il faut le reconnaître: cette crise a coûté la vie à bien des Burundais, essentiellement des jeunes. Le rôle du Rwanda et de bien des puissances occidentale a été très nuisible. L’économie burundaise a beaucoup été affectée par le climat d’insécurité, le gel des fonds de la coopération, le ralentissement des activités et le sabotage organisé par les autorités rwandaises. La balkanisation de certains quartiers a réveillé des rancœurs et des méfiances qui ont, Dieu merci, étaient contenues. Les responsabilités dans cette crise doivent être établies pour éviter que tout se termine en queue de poisson comme pour le cas des “sans échecs” et “sans défaite”. Nous invitons les USA à rétablir rapidement la coopération avec le Burundi.

Dans la queue, le poison!

Et pourquoi donc cette brève rétrospective? Parce que votre site a été l’un des premiers à se jeter dans la guerre médiatique déclenchée par les Sindumuja. Depuis mars 2015, votre site a commencé à diffuser des analyses pour dénoncer le complot contre le Burundi. En ce moment, le paysage médiatique était largement dominé par les Sindumuja. Les supporters de Nkurunziza se terraient par peur ou ne donnaient pas chère de la peau du système CNDD-FDD. Les rédacteurs de ce site ont tenu bon malgré souvent des menaces de mort. En voyant l’image du Président Nkurunziza en compagnie des émissaires du Président Barack Obama, nous avons des larmes de bonheur dans les yeux. Nous nous félicitons déjà de savoir que l’Union Européenne a mis de l’eau dans son vin quant aux menaces de sanctions.

Avec la la réouverture des radios Isanganiro et Rema FM ainsi que l’annulation des mandats d’arrêts internationaux qui frappaient bien des opposants, nous n’avons aucun doute sur la confiance dans l’avenir moins violent du Burundi. Nous encourageons le dialogue franc et un travail titanesque de la Commission Vérité et Réconciliation pour permettre aux Burundais de guérir des démons du tribalisme et de la violence aveugle.

Et comme votre site était là pour faire entendre la voix presque inaudible des électeurs burundais, faire entendre une voix discordante par rapport aux mensonges éhontés des Sindumuja, nous pouvons dire que la mission a été accomplie. Et ne nous en voulez pas si nous vous annonçons le changement de la ligne éditoriale. Nous aimerions retirer le site et permettre aux animateurs de jeter les masques de l’anonymat. Nous réfléchissons encore sur la meilleure option. Toutefois, nous n’allons plus alerter, faire de la contre propagande ou accorder l’espace pour des commentaires non filtrés. Le site sera d’ailleurs de moins en moins alimenté. Nous vous sommes très reconnaissants pour votre fidélité et vos contributions. Merci de votre compréhension et espérons que notre engagement a été pour quelque chose dans ce revirement des USA! Le moment n’est pas encore au triomphalisme. Car le triomphe doit être celui de la paix et des retrouvailles des Burundais avec leurs partenaires d’hier.

Editeurs B-24