Analyse du rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme au Burundi. Une exclusivité de l’hebdomadaire  africain “redionweek.com”

 Analyse du rapport de la Commission d’enquête des Nations Unies sur les droits de l’homme au Burundi. Une exclusivité de l’hebdomadaire  africain “redionweek.com

Le Conseil des droits de l’homme a conclu à Genève, du 9 au 27 septembre 2019, à sa quarante-deuxième session, inscrit à son ordre du jour, son quatrième point, l’analyse des «situations relatives aux droits de l’homme qui requièrent l’attention du Conseil». Dans cette optique, la Commission d’enquête sur le Burundi a présenté son rapport détaillé sur le Burundi (A / HRC / 42 / CRP.2) . Pour rappel, la Commission d’enquête sur le Burundi a été créée le 30 septembre 2016 par la résolution 33/24 du Conseil des droits de l’homme. Son mandat a déjà été renouvelé deux fois pour une année, Octobre 4 e 2017 (Résolution 36/19) et 28 Septembre e    2018 (résolution 39/14).

M. Doudou Diene, président de la commission d’enquête sur le Burundi

Le rapport a été présenté en prélude à la 74e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui se déroule à New York depuis le 23 septembre 2019. Sur la base des conclusions et des recommandations de la Commission, le Conseil de sécurité des Nations Unies peut décider ou non de résolutions contre le Burundi. C’est donc un moment important pour le Burundi, mais également pour la Commission, et donc pour diverses raisons.

Pour le Burundi, il est question de survie en tant que nation indépendante et souveraine et d’assurance que son honneur est préservé dans ses relations internationales. Pour la commission d’enquête, il s’agit de tout faire pour que son mandat soit renouvelé indéfiniment et continue donc de bénéficier de l’appui financier des Nations Unies et de celui de certains critiques du Burundi.

Le but ultime de ces critiques est précisément de placer le Burundi au centre des débats sur les relations internationales.

Si le Burundi et la Commission partagent le même point de vue selon lequel les droits de l’homme ne doivent pas être violés, il existe une division claire entre pratiques équitables. La mise en place par le Gouvernement burundais d’institutions 1 chargées des droits de l’homme et la création d’une Commission nationale des droits de l’homme (CNIDH) sont la preuve indéniable que les droits de l’homme sont un sujet prioritaire pour la république burundaise.

La volonté et les efforts de promotion des droits de l’homme ne signifient pas nécessairement qu’il n’y a pas de cas de violation; c’est pour cette raison que ces institutions ont été mises en place pour corriger et punir les coupables de violations des droits de l’homme. Pour cette raison, toute autre structure ou organisation partageant le même objectif devrait soutenir les organisations nationales existantes dans leur travail et ne pas chercher à les remplacer ou simplement les déclasser.

Pour le Burundi, les droits de l’homme ne doivent pas être utilisés de manière politique et idéologique pour asservir le Burundi, affaiblir sa souveraineté, son honneur et ses institutions.

Pour la Commission, les droits de l’homme semblent servir de tremplin à la réalisation d’autres objectifs géopolitiques et idéologiques de certaines puissances occidentales. Pour cette raison, il est très difficile de trouver un terrain d’entente entre cette Commission d’enquête des Nations Unies sur le Burundi et le Gouvernement burundais. Selon cette dernière, la commission d’enquête doit respecter les critères de non-sélectivité, d’impartialité et d’indépendance, mais surtout respecter la souveraineté de la république du Burundi.

La Commission d’enquête sur le Burundi manque cruellement de ces critères, ce qui complique tout son travail et rend hypothétique toute collaboration avec le Gouvernement burundais. Qu’en est-il du présent rapport (A / HRC / 42 / CRP.2)?

 

Mon analyse comportera deux parties, la première étant consacrée aux observations générales, la seconde à l’analyse de fond et à la méthodologie.

Observations générales

De manière surprenante, tous les lecteurs ont l’impression générale que le rapport présente presque le Burundi comme une colonie ou un territoire sous commandement externe ou sous tutelle. En lisant le rapport, on peut penser qu’il lit un roman de fiction, étant donné qu’il ya une grande confusion sur les faits suggérés et sur la manière dont ils sont rapportés sans vérification préalable. Il s’agit d’un rapport qui n’a pas de limites spatiales ni temporelles, car il met même en avant des projections pour l’avenir quand il évoquera des violations des droits de l’homme pouvant être perpétrées en 2020.

Cela indique que la Commission souhaite étendre sa mission et son existence, car le Burundi organisera et tiendra toujours des élections. Si la Commission considère que les élections sont un facteur déroutant au Burundi, cela signifie que tant qu’il y aura des élections, l’existence d’une telle commission sera toujours justifiée.

Ce rapport est rempli de spéculations et de mensonges et ne soulève que des questions quant à l’objectif ultime de la Commission. Tout au long du rapport, la Commission ambitionne clairement et clairement de charger le gouvernement du Burundi, de l’incriminer, de le détruire, de renverser toutes les institutions du pays.

Il s’agit d’un rapport motivé non par la volonté de protéger les droits de l’homme au Burundi, mais plutôt par l’objectif de la sauvegarde des «intérêts cachés». Cela conduit la Commission à utiliser les droits de l’homme pour couvrir les objectifs cachés, soit en son propre nom, soit au nom de certaines puissances occidentales. Il s’agit donc d’un rapport à charger dont le but principal est de réduire en esclavage le peuple burundais.

 Observations sur le fond et la forme du rapport.

La manière dont les informations sont collectées n’est pas crédible et ne permet pas de vérifier les informations données:

Il faut dire que la manière dont les informations sont collectées soulève des questions quant à leur fiabilité: «La Commission d’enquête sur le Burundi invite toutes les personnes, groupes ou organisations intéressés à soumettre des informations, rapports ou documents sur les violations des droits de l’homme et les attentes à leur égard… Pour être pris en compte, chaque soumission doit inclure le nom de son ou ses auteurs ainsi que leurs contacts… »

 

Au moment des «fausses nouvelles» et sur la base d’expériences récentes, il est probable que peu de ce qui est rapporté est vrai. Quiconque s’intéresse au Burundi se souviendra des vidéos dans lesquelles des personnes parlant une langue qui n’existe pas au Burundi tuent des gens. Certaines personnes, notamment des avocats et des organisations de renommée internationale, ont utilisé ces vidéos pour critiquer le Burundi.

Sur la base des vidéos, ces personnes et organisations sont allées jusqu’à demander une intervention militaire au Burundi ainsi que des sanctions à l’encontre du Burundi. Il a fallu beaucoup de temps pour prouver que ces vidéos n’étaient pas tournées au Burundi, alors que pour les critiques burundais, ces fameuses vidéos étaient une sorte d ‘”aide pour eux” et constituaient une “preuve irréfutable” de la nature violente de la jeunesse du parti au pouvoir. fête au Burundi.

En ces temps de technologies de l’information et de la communication, il est facile de créer des identités différentes et fausses pour accuser une personne donnée, pour diffuser de fausses informations ou pour commettre des actes répréhensibles au regard de la loi.

Il ne s’agit pas de défendre qui que ce soit, mais l’argument repose sur des faits qui se sont déjà produits au Burundi et ailleurs. L’insurrection de 2015 au Burundi a été largement suscitée par les faits fabriqués, certains faits rapportés par les médias et certaines organisations internationales ont été artificiels ou contrôlés à distance. Certaines images diffusées pour convaincre l’audience de prendre des sanctions à l’encontre du Burundi n’avaient pas encore été prises au Burundi.

La Commission fait valoir que le mode utilisé pour la collecte de données est dû au fait que le gouvernement du Burundi n’a pas autorisé ses membres à se rendre au Burundi, ce qui ne lui donne aucune raison, car de nombreux faits rapportés deviennent difficiles à vérifier. Quelles sources et informations fiables la Commission d’enquête donne-t-elle au récit de la victime qui affirme qu’un soldat «près d’une barrière près de la frontière» l’a violé? Une victime qui a été violée pour «compenser» le non-paiement d’argent à une barrière située près de la frontière a expliqué:

 

«À une barrière avant la frontière, j’ai rencontré deux soldats qui m’ont demandé de l’argent. […] J’ai dit aux soldats que je n’avais pas d’argent et ils m’ont dit que je devais donner ce que j’avais. Un des soldats s’est un peu reculé, mais l’autre a commencé à me déshabiller. […] Les deux soldats m’ont violée. […] Quand ils ont fini, je me suis habillé et ils m’ont dit que je pouvais partir parce que je leur avais donné mon corps ». Page. 44-45, point 181.

Quelle frontière? Y a-t-il une frontière sécurisée par seulement deux soldats? De quels moyens la commission d’enquête disposait-elle pour vérifier les récits rapportés sans possibilité d’aller au Burundi? N’y a-t-il aucun risque de manipulation lorsque quelqu’un dit avoir vu quelqu’un faire ceci ou cela sans la possibilité d’avoir la version du «coupable» présumé? (Points 104, 105, 183, 189, 190, 191, 192, 193, 194, etc.).

Trop de spéculation et plus

Le résultat désastreux de ce moyen de collecte d’informations est qu’il est impossible de vérifier la source, en particulier face à la victime et au coupable, et d’avoir ainsi une idée claire. L’autre conséquence est qu’une telle collecte d’informations laisse place à toute forme de spéculation et de manipulation.

En effet, la Commission affirme que dans les cas où elle n’est pas en mesure de prouver certains cas avec précision, cela va de pair avec l’utilisation du “contexte général du Burundi”, du code de l’opération, etc.:

«Lorsque la Commission n’a pas été en mesure de tirer des conclusions sur ces faits, notamment en raison de l’absence de témoin, elle a tenu compte du profil des personnes disparues, du code de l’opération, des conditions et du contexte dans lesquels ces disparitions se sont produites, y compris le cas généralisé. contexte de non-respect des garanties judiciaires pendant les arrestations et les détentions, afin de déterminer s’il existait des motifs raisonnables de conclure à des cas de disparition forcée 2 ” .

Par cette déclaration, la commission d’enquête semble dire qu’au Burundi, il n’y a pas d’autres causes de décès que des causes politiques. Pourtant, la police nationale a documenté des cas de personnes assassinées dans le cadre de règlements de comptes, de litiges fonciers, de vols, etc. Comment une commission d’enquête ne collaborant pas avec les institutions nationales et dont les membres ne se sont jamais rendus au Burundi peut-elle connaître tous ces détails?

Au lieu d’accuser les institutions: police nationale, armée, justice, etc. de n’avoir rien fait pour empêcher les allégations de violations des droits de l’homme au Burundi, il aurait été judicieux de demander des informations à ces institutions car il est impossible d’obtenir un puits. rapport détaillé sans collaborer avec eux. Sans cette collaboration, toutes les autres revendications ne sont que des spéculations.

 

«La Commission a donc pris en compte le profil des victimes, le code de l’opération et les circonstances dans lesquelles ces exécutions ont eu lieu, ainsi que le contexte général du Burundi. Elle a conclu à l’existence de motifs raisonnables permettant de conclure qu’il s’agissait d’une exécution par des Imbonerakure ou des agents de l’État… »( point 79, page 23).

Que signifie le contexte mondial du Burundi? À la page 66 du rapport, au point 270, la victime présumée a déclaré: «On m’a arrêté devant une barrière sécurisée par quatre Imbonerakure. Ils n’avaient pas d’uniformes militaires. Deux d’entre eux avaient une sorte de béret militaire. Ils ont été chargés de sécuriser la barrière. La barrière était en forme de corde au milieu de la route. […] Ils se sont présentés à moi sous le nom d’Imbonerakure. Les deux qui n’ont pas tenu la corde m’ont montré leur carte de fête. […]… “

Tous ceux qui connaissent le parti politique CNDD-FDD savent qu’il n’y a pas de carte de parti. Ni la carte d’Imbonerakure, ni la commission d’enquête ne l’ignorent complètement et c’est la raison pour laquelle de telles histoires sont «achetées». De plus, comme cela concerne un groupe de Burundais condamnés, la Commission d’enquête «avale» tout ce qui est dit à leur sujet sans aucun effort de vérification préalable.

Dès que la spéculation est toujours concernée, il est difficile de comprendre que le vote référendaire n’était PAS secret et que la Commission électorale nationale du Burundi (CENI) avait laissé les gens entrer dans l’isoloir pour voir qui avait voté.

Le vote est secret et seul l’électeur sait ce qu’il a voté. Il aurait été nécessaire de spécifier le lieu et le nombre de bureaux de vote où cela a eu lieu pour qu’une telle déclaration soit fiable. En évitant d’être spécifique sur plusieurs faits rapportés, la Commission manipule l’avis pour faire croire que cette pratique a eu lieu dans tous les bureaux de vote: il s’agit donc d’une pratique générale et acceptée par tous.

Ce faisant, la commission veut discréditer le résultat du référendum et, bien entendu, la constitution qui en est issue. Cela se vérifie dans le rapport si nous prenons en compte les critiques formulées à l’égard de la nouvelle constitution (p.111 et suivants).

Le président burundais, Pierre Nkurunziza

Un rapport qui remet en cause la souveraineté du Burundi

En parcourant le rapport de la Commission d’enquête sur le Burundi, le lecteur est surpris par l’interrogatoire de toutes les institutions du Burundi telles que celle du Président de la République, le Parlement, la Commission de police, l’armée, la vérité et la réconciliation, la CNIDH, le code électoral. , Constitution, etc.

En effet, le rapport remet en cause les nominations du président de la République alors que ce dernier a le droit, selon les pouvoirs qui lui sont conférés par la constitution, de désigner qui il veut au poste qu’il souhaite (point 215, p. 52).

Peut-on se demander dans quel pays du monde le Président de la République doit demander l’autorisation des étrangers avant de nommer des personnes à des postes?

Je ne connais aucun pays au monde où le chef de l’État ne nomme pas ses ministres, ne préside pas les conseils des ministres, n’est pas le commandant en chef des forces de défense et de sécurité, ne nomme pas le ambassadeurs, n’a pas le droit de grâce,… etc. (469.470, 471.472, p.111).

Pour la commission d’enquête, les pratiques de nombreux pays du monde doivent être interdites au Burundi. Soit les membres de la commission d’enquête ne sont pas au courant des pratiques en vigueur ailleurs, soit ils le font exprès pour imposer des lois au Burundi afin d’influencer son organisation interne: il s’agit d’une ingérence inacceptable dans les affaires intérieures du Burundi.

La constitution d’un pays et l’organisation interne d’un État souverain sont une question exclusivement interne sur laquelle aucune organisation externe ou aucun pouvoir ne peut dicter quoi que ce soit. Le Burundi ne devrait pas être une exception.

En remettant en question tout ce que le gouvernement accomplit dans ses missions souveraines: protection de ses citoyens, organisation interne, organisation d’activités de développement telles que le travail communautaire, la sécurité des personnes et des biens, la mise en place d’institutions, etc., on peut en conclure que Commission d’enquête l’Etat burundais n’existe pas et que ses institutions ne sont ni légitimes ni légales.

Quelques exemples:

– lorsque le Sénat parle de l’augmentation des médias au Burundi “… Bref, le nombre de médias est passé de 94 en 2015 à 122 en 2018, soit une augmentation substantielle de 28 médias en trois ans …” (n ° 214, p.52), la Commission répond en écrivant: “Cependant, ces chiffres ne reflètent pas ce qui est fait pour l’indépendance de ces médias, ni leur capacité à travailler librement dans la recherche et la diffusion de l’information, car les médias sont actuellement soumis à une véritable censure …”

– À propos des ONG étrangères, la Commission écrit: «Les ONG nationales régies par la loi de 2017 sur les associations nationales à but non lucratif (ASBL) sont soumises au contrôle de leurs activités par le ministère responsable de leurs activités, et ce dernier doit autoriser chacune de leurs organisations respectives. Activités. Cette loi donne au ministre de l’Intérieur le pouvoir de suspendre les ONG nationales sur la base de motifs vagues de “perturbation de l’ordre public” ou de “atteinte à la sécurité intérieure de l’État”. Leurs ressources sont également contrôlées par le gouvernement puisque les fonds des étrangers doivent passer par la Banque centrale du Burundi et être suivis d’un document indiquant leur origine et leur objectif ultime ».

Dans quel pays du monde les organisations ne sont-elles pas régies par des lois régissant leurs activités? Tout le monde se souvient du rôle joué par certaines ONG étrangères et locales (Maison Shalom à Ruyigi), telles que Child Soldier, la Croix-Rouge, etc. dans la crise de 2015 au Burundi 3 .

La supervision des ONG étrangères et même locales relève des missions du gouvernement car leurs activités peuvent avoir un impact sur la sécurité nationale. Les ONG étrangères et même locales doivent travailler dans le strict respect de la loi et dans l’intérêt de la population burundaise qu’elles sont censées servir. Ainsi, toutes les mesures prises par le gouvernement du Burundi entrent dans ce cadre.

-Dans ce que la commission d’enquête appelle «le droit à la liberté de religion», le rapport reprend le cas de l’Eglise adventiste au Burundi et décrit l’intervention du gouvernement pour éviter un bain de sang dans l’Eglise comme une ingérence. Personne au Burundi n’ignore que de nombreuses églises sont devenues une affaire, car les chrétiens et même les pasteurs se battent souvent à mort pour tenter d’avoir accès aux ressources de leurs églises. Le gouvernement a le devoir de veiller à ce que la sécurité des chrétiens et des autres citoyens soit assurée et que le désordre interne ne dégénère pas et ne sorte pas de l’Église.

La commission d’enquête sur le Burundi ne tient aucun compte des choix internes du peuple burundais dans la mesure où ils impliquent un déni total de la souveraineté du pays.

C’est ce mépris du peuple burundais qu’il ne peut endosser et qui risque de discréditer tout le travail de la Commission.

Une volonté claire de diviser la police et les forces de sécurité et l’incitation à la haine ethnique

Compte tenu des méthodes utilisées par les insurgés et leurs maîtres au cours de l’insurrection de 2015 et de la tentative de coup d’État du 13 mai 2015, il apparaît clairement que la Commission souhaite utiliser les mêmes méthodes pour déstabiliser le Burundi.

Le lecteur se souviendra des tentatives de division de l’armée que la Commission reprend dans son rapport «Malgré une image positive, l’armée a toujours connu un système de commandement fidèle parallèle au parti CNDD-FDD, composé d’anciens rebelles, et l’intégration entre ceux-ci (les anciens rebelles) et l’ex-FAB sont restés très superficiels »(point 532, p.125) et la police tente de s’opposer à ces organes pour mieux déstabiliser le pays. On ne sait toujours pas sur quelle base la Commission se base pour affirmer que «les équilibres ethniques ne sont plus respectés au sein de l’armée» et que «moins de Tutsi sont enregistrés» (n ° 534).

Nous nous demandons ici si la Commission fonde ces conclusions sur des statistiques vérifiables ou des spéculations. Affirmer que l’armée burundaise soutient le dialogue inclusif demandé par les opposants aux régimes et aux organisations internationales est une pure invention, car sans aucune preuve tangible. L’exemple du vote en amont du référendum sur le contingent burundais en mission en Somalie ne convainc pas.

De plus, réduire la participation des troupes burundaises aux opérations de maintien de la paix dans le cadre des Nations unies et de l’Union africaine à «la manne financière» est un déni total du sacrifice consenti et de la contribution du Burundi à la paix et à la sécurité, une responsabilité souveraine de Le Burundi en tant que sujet de relations internationales.

En ce qui concerne la police nationale, la Commission déclare qu ‘ “il n’y a pas d’esprit de corps” (point 336, p. 126), qu’il y a des “privilégiés” et des “vaincus” (point 337, p.126); cela est de nature à diviser les forces de l’ordre et les forces de l’ordre. Avant 2015, ceux qui voulaient imploser les piliers du pays utilisaient ces techniques pour établir des agents de la force publique les uns contre les autres.

Si la commission persiste dans cette direction, il devient clair que l’objectif de dissiper la discorde au sein des forces de défense et de sécurité persiste. De toute évidence, certains éléments (Hutu et Tutsi) ont été induits en erreur et sont tombés dans ce piège, mais ont rapidement découvert leur erreur et sont retournés au bercail. Beaucoup ont été attirés davantage par la cupidité que par les raisons données par la Commission et ses informateurs.

En effet, certains mercenaires à la solde de détracteurs du Burundi brillaient à ces postes de police ou militaires aux Nations Unies, à l’Union africaine et dans d’autres organisations internationales.

La police et les forces de sécurité ont vaillamment défendu la République et instauré l’ordre et la paix dans le pays. Ils ne peuvent remplir cette noble tâche sans cohésion et enthousiasme. La Commission sait pertinemment que ce ne sont pas les forces étrangères qui ont mis en déroute les putschistes de 2015 et les diverses attaques armées qui ont visé le Burundi depuis les pays voisins.

 

M. Doudou Diene, président de la commission d’enquête sur le Burundi

Un rapport globalisant dicté par la volonté de ternir l’image du Burundi

Cette mondialisation s’observe dans l’ensemble du texte et dans plusieurs aspects et domaines.

Le rapport mentionne une corruption généralisée au sein de la police nationale mais ne peut produire aucune preuve. Les policiers qui commettent des crimes ou qui commettent des actes de corruption sont poursuivis et punis par la loi. La Commission aurait dû se rendre dans les différentes prisons du pays pour connaître le nombre de policiers emprisonnés.

Dire qu’au Burundi il existe un couvre-feu pour les femmes et les filles est un abus (points 359 et suivants). La commission parle d’un administrateur communal qui a décrété le couvre-feu dans sa commune mais qui ne peut pas être généralisé car la mesure a été décriée par tout le monde et n’a pas été mise à exécution. Le ministère de l’Intérieur n’a pas souscrit à cette mesure.

Dans les 118 communes du Burundi, cette mesure ne concernait qu’une seule commune. Comment cela peut-il être pris comme exemple pour appuyer les déclarations des enquêteurs de la Commission? La Commission prend les dérapages et les erreurs de certaines personnes pour une règle générale.

De même, les directeurs d’école ou d’autres personnes ayant agi de manière désagréable ou contre la loi, soit par ignorance, soit par zèle excessif, ont été rapidement mis en ordre. Une erreur individuelle ne peut pas être commise pour une pratique générale ou une politique gouvernementale.

Le lecteur se demande pourquoi la Commission parle de discrimination à l’égard des femmes et de mélange de droits de propriété, d’éducation, de grossesses non désirées et de droit du travail, comme s’il existait des lois au Burundi conçues uniquement pour les femmes et les filles. Il est surprenant que ces références aux encouragements et aux bonnes pratiques finissent par être considérées comme négatives 4 .

Voici quelques déclarations contradictoires: «Les causes de ces grossesses sont multiples, allant de l’ignorance de la sexualité qui conduit au” clientélisme “avec les garçons et au non-usage de contraceptifs, à la violence sexuelle perpétrée par certains professeurs ou d’autres hommes en voie de disparition. école.”

Le 8 mars 2019, le Burundi s’est joint à d’autres pays du monde pour célébrer la Journée internationale de la femme. Les cérémonies ont eu lieu dans la province de Gitega, capitale politique, sous le haut patronage de SE Mme Denise Nkurunziza, Première Dame du Burundi.

De quelle manière, par exemple, ces déclarations attribuées par la Commission à la Première Dame et à la ministre des Droits de l’homme et des droits des femmes pourraient-elles perpétuer les stéréotypes qui méprisent les femmes si ce n’est de les nier tous?

“… Le 8 mars 2019, la Première Dame a insisté” sur le fait que la paix nationale dépendait principalement de la paix qui prévaut dans les familles “et” a demandé aux femmes de préserver la paix dans leur ménage. ”

Dans le même temps, la ministre des Droits de l’homme, des Affaires sociales et du Genre «a déclaré que les femmes ne sont pas seulement le pilier de la famille, mais également le pilier du pays, car le développement durable d’un pays commence à la maison» (point 349, p.84).

Afin de mieux falsifier les faits, de manipuler l’opinion publique et de ternir l’image du Burundi et de ses autorités, les membres de la Commission ont tenté de tirer des mots et des déclarations de leur contexte.

Toujours dans le contexte de manipulations visant à ternir l’image du Burundi, la commission d’enquête va jusqu’à assimiler le travail de développement communautaire au Burundi au travail forcé (point 337, p.81). Ici, on ignore la contribution du travail communautaire au développement du Burundi 5 .

Tous les Burundais ont ici la preuve que le développement de leur pays et leur bien-être préoccupent le moins les membres de la Commission d’enquête; de telles déclarations ne vont certainement pas saper leur détermination à développer leur pays.

Affirmer que pendant le travail communautaire, les membres construisent la permanence du parti au pouvoir est une pure invention et démontre un manque de connaissance de la réalité burundaise de la part des membres de la Commission (malentendu qui est compréhensible parce qu’ils n’ont jamais mis les pieds au Burundi) 6 .

Premièrement, parce que le travail communautaire ne concerne pas les partis politiques mais concerne tous les citoyens burundais comme une affaire nationale, qu’ils soient membres de partis politiques ou non, et deuxièmement, il est bien connu que les partis politiques s’organisent pour la construction de leurs infrastructures, notamment: leurs permanences. La Commission entretient sciemment une confusion dont l’objectif est de ternir l’image du Burundi.

En conclusion, compte tenu des développements intervenus dans cette analyse, qui reste partielle car il y a tant à remettre en question dans ce rapport, il est clair que la Commission d’enquête est guidée par le désir de nuire au Burundi et à son peuple.

La légèreté avec laquelle les enquêtes ont été menées, les déclarations sans fondement, les accusations sans fondement et la mondialisation observée tout au long du rapport constituent la preuve de l’agenda caché des membres de la Commission.

La manière dont les informations ont été collectées ne garantit pas la neutralité, l’impartialité et l’objectivité, car il devient difficile de vérifier ces informations.

Enfin, il convient de noter l’impression générale de dénigrement de toutes les institutions du Burundi et la remise en question des choix internes et internationaux du Burundi qui se reflètent tout au long du rapport. Avec une telle attitude des membres de la Commission, il leur sera très difficile de trouver un terrain d’entente avec le Gouvernement burundais.

Le peuple burundais est jaloux de sa souveraineté et toute remise en question de cet attribut important ne peut être acceptée. Forcer cette Commission et les Nations Unies dans ce cas très spécifique du Burundi n’apportera rien à la Commission ni aux Nations Unies, car toute atteinte à la souveraineté du Burundi ne peut qu’accentuer les soupçons.

À y regarder de plus près, il est fort à parier que des membres de la Commission ont commis des crimes contre le peuple burundais, cherchant à tout prix à incriminer les institutions du pays. La calomnie, l’attaque contre l’honneur du peuple burundais et de ses institutions, l’incitation à la haine ethnique, l’ingérence dans les affaires intérieures d’un État souverain sont tous des aspects que l’on peut voir dans le rapport. Et qui violent le droit burundais ou même le droit international.

Le rapport manque de cohérence et de sérieux et donne l’impression d’un méli-mélo dont le seul but est de préserver le mandat des enquêteurs. Le peuple burundais, les Nations Unies et la communauté internationale ne doivent pas tomber dans ce piège.


1 L’existence d’un ministère chargé des droits de l’homme et la création d’une commission nationale des droits de l’homme (CNIDH) montrent l’importance que le gouvernement du Burundi attache aux droits de l’homme.

2 Note de bas de page n ° 100, p.23

   3 Child Soldier a financé FOCODE pour l’exfiltration de Pacific NINIHAZWE, activiste burundais qui est également l’un des organisateurs de l’insurrection alors que Shalom House (Maison Shalom) nourrissait et nourrissait les insurgés. On a dit que les véhicules de la Croix-Rouge internationale, de médicaments sans frontières, transportaient des insurgés et des militants blessés à la recherche d’un traitement.                                             

4 Loi n ° 1/13 du 22 septembre 2016 sur la prévention, la protection des victimes et la répression de la violence sexiste.

5 Grâce au travail communautaire, le Burundi a pu construire diverses infrastructures: routes, écoles, hôpitaux, centres de santé, bâtiments publics, etc.

6 Poste 341, p.82