Sale temps pour les terroristes au Burundi
Assis sur le sol, visiblement désespérés, regard noir comme celui des chauves-souris effrayées par la lumière du jour. Ces huit terroristes qui s’apprêtaient à mettre des bâtons dans les roues de la machine référendaire ont été appréhendés en commune de Mutimbuzi, province Bujumbura, mercredi 18 mars 2018.
Décidément, la stratégie adoptée par l’opposition radicale en vue de faire barrage au référendum constitutionnel a lamentablement échoué. C’est une véritable humiliation à l’égard du CNARED dont les leaders ne sont aujourd’hui aux yeux du peuple que des aventuriers, des marchands d’illusion. Agathon Rwasa jadis considéré comme la figure de proue de l’opposition burundaise,  qu’il se soit allié à ceux qui privilégient le boycott, qui  font de la violence et le banditisme des moyens de lutte politique, a perdu la stature d’opposant sérieux qu’il s’est patiemment construite pendant plus de 20 ans.
« La sécurisation des citoyens et leurs biens est un pari à gagner d’ici six mois et tous ceux qui détiennent illégalement des armes sont priés de les remettre volontairement avant la fin de cette période!! » Sévère ultimatum lancé par le chef de l’Etat burundais Pierre Nkurunziza, le jour de son investiture le 20 août 2015.
Mais, les  radicalistes étant toujours revendicateurs se seraient réservés une capacité de nuisance pour qu’ils soient toujours écoutés ou puissent contrecarrer l’action gouvernementale. C’est probablement pour cette raison que  le 26 décembre 2017, en commune de Bugendana, province de Gitega lors du lancement des travaux d’amendement constitutionnel le chef de l’Etat burundais Pierre Nkurunziza a lancé une sévère mise en garde aux fauteurs de trouble en disant que les forces de sécurité  se montreront inflexibles face à ceux qui tenteront de perturber le processus référendaire. C’est ce qu’on tente de faire aujourd’hui. Hélas, la mise en œuvre de ce plan macabre vient  de se heurter à un obstacle difficile à contourner.
Au sein de  l’opposition radicale, les violons ne s’accordent pas. C’est la confusion quasi-totale. Abandonnés pendant plusieurs jours comme des brebis sans berger,  bon nombre de militants de cette opposition ne savent plus à quel saint se vouer, car le CNARED est en panne de leadership  et d’inspiration oscillent entre le boycott et la participation. A l’origine de cette confusion : la leçon apprise très récemment en 2015, année qui est entrée dans les anales de l’histoire du Burundi. Les plaies ne sont pas encore cicatrisées, aucun politicien ne fait l’unanimité au sein de cette ONG, tous manquent de charisme, ceux-là qui devraient s’ériger en agents de lumière. A cela s’ajoute l’horrible traitement de leurs concitoyens réfugiés au Rwanda dont la seule évocation donne froid dans le dos. Et donc, il n’est pas question de les rejoindre.
Côté forces de l’ordre burundaise, les commentaires des autorités policières après l’arrestation de ces terroristes sont très alarmants. L’intransigeance qu’elles affichent est le résultat d’un constat amer fait ce mercredi 18 avril 2018. Ce constat n’autre que cette tentative de récidiver qui s’observe au moment où, la population garde encore en mémoire le filme dramatique projeté dans certains quartiers du nord et du sud de la capitale en 2015. Ceci montre une fois de plus que ceux qui ont voulu conquérir le pouvoir hors des urnes sont des agresseurs impénitents  même si la thèse occidentale tend à accréditer l’inverse.
Ce récidivisme est le résultat de l’impunité, car, c’est elle qui nourrit la criminalité et la criminalité prospère là, où les textes juridiques contiennent des sanctions non dissuasives.
Je pense que c’est pour cette même raison que le député Gélase Ndabirabe lors de la présentation du rapport de la Commission de justice et droits de la personne humaine sur le projet de loi portant révision du Code de procédure pénale à l’hémicycle de Kigobe, ce mercredi 18 avril 2018, s’est montré pessimiste et a exprimé son regret du fait que la peine de mort n’ait pas été réinstaurée. « Que celui qui brûle vif son semblable soit brûlé ». A-t-il lancé. Faisant allusion sans nul doute aux souffrances endurées par Eric Ndayisenga membre de la ligue des jeunes Imbonerakure brûlé vif à Nyakabiga en 2015, Cédrick Ndikumana tué en zone Muyira de la Commune de Kanyosha et curieusement les criminels se la coulent douce sous un ciel clément de l’autre côté de la kanyaru. Le même regret a été exprimé en février 2016 par le ministre de la défense nationale Emmanuel Ntahomvukiye lorsqu’il répondait aux questions des députés à l’hémicycle de Kigobe. Pour M Ntahomvukiye la réinstauration de la peine de mort est le seul remède pour en découdre une fois pour toutes avec les coups d’Etat.
L’histoire va-t-elle se répéter ?  Je pense qu’il est difficile pour le moment de replonger le pays dans les affres du passé. Les temps ont changé, beaucoup de garde-fous ont été mis en place, les médias viennent de signer un nouveau code de conduite auquel, ils se conformeront pendant la période électorale, les partis politiques et acteurs politiques ont le leur, un nouveau code pénal autorisant la fouille perquisition pendant la nuit est là,  toutes les frontières sont sous haute surveillance , ainsi pour dire que cette fois-ci, le Rwanda ne réccupérera aucun de nos. oiseaux de malheur qu’il a armés.
Que le cas de Jean Bucumi et consorts qui se trouvent entre les quatre murs du cachot du service national des renseignements, pendant que les planificateurs et commanditaires de ce sabotage sirotent le champagne dans leur tour d’ivoire serve de leçon aux autres.
Par Alain Désiré Karorero