Contrôle technique : un grand répit pour les conducteurs

Plus de longues files d’attente devant les services de l’Otraco, le document du contrôle technique est délivré en une journée au lieu de deux semaines, voire un mois. Les conducteurs poussent un ouf de soulagement.

Aucun véhicule à l’extérieur du siège social de l’Otraco, au quartier industriel, pas de mouvement à l’entrée. Avant le remaniement de la direction générale, plusieurs véhicules et un grand mouvement s’apercevaient devant l’entrée de cette institution qui délivre le contrôle technique.

Mercredi 29 juin, trois mois jour pour jour après le remaniement de la direction générale de l’Otraco, une vingtaine de véhicules, privés et de transport, sont garés dans la cour intérieure. Les propriétaires sont venus chercher le document du contrôle technique. De petites files d’attente de moins de cinq personnes s’aperçoivent devant les différents bureaux de service. Un grand calme et de l’ordre règnent dans ces locaux.

« Avant, c’était le grand désordre. Les gens se disputaient dans les files, les uns passant devant les autres, par connaissance avec les employés… », témoigne un chauffeur de tuk-tuk. Il affirme qu’il devait y passer toute une journée, depuis 7h30 jusqu’à 16h pour le paiement et l’inspection de son véhicule. « Pour récupérer le document, il fallait revenir un mois après et passer encore plus de 6h avant de l’avoir».

Un autre chauffeur de bus vient de récupérer son document. Il l’a eu dans une heure. Auparavant, il affirme qu’il perdait environ 40 mille de BIF après avoir passé toute la journée à l’Otraco.

Un taxi-motard vient de la province Cibitoke pour venir chercher le document à Bujumbura. Il est arrivé à 8h. Deux heures plus tard, il rentre avec son document. « Aujourd’hui, j’ai dépensé 15 mille BIF pour le carburant. Avant, il me fallait au moins 45 mille BIF car je faisais au moins trois tours pour venir voir si le document est disponible», confie-t-il.

Une décentralisation des services à louer

Ce changement est dû en grande partie à l’ouverture des bureaux de l’Otraco dans trois provinces, assure le directeur général a.i de l’Otraco, Montfort Ndagijimana. « Depuis le constat négatif du président de la République, le 29 juin dernier, beaucoup de mesures ont été prises dans l’urgence».

Il indique que le bureau de Gitega, qui était déjà doté des équipements, a ouvert le 8 juillet. Le bureau de Ngozi, le 16 août, puis celui de Bururi, par après. « Un répit pour la population de l’intérieur du pays qui devait parcourir des kilomètres pour venir à Bujumbura chercher le document », se félicite M. Ndagijimana.
Le directeur général a.i de l’Otraco fait savoir que des mesures pour lutter contre la corruption, qui était aussi à l’origine de la lenteur du traitement des dossiers, ont été mises en place. Il évoque notamment des commissionnaires qui ont été limogés. Et insiste sur le fait que c’est le propriétaire du véhicule qui doit suivre tout le processus : « Il paie sur le guichet et emmène lui-même la voiture sur la ligne d’inspection.»

M. Ndagijimana se veut rassurant quant aux mauvaises pratiques qui n’ont plus cours : « Les gens pouvaient avoir le document sans faire passer la voiture sur la ligne d’inspection. Ou certains employés de l’Otraco, corrompus, demandaient de l’argent aux propriétaires pour faire passer la voiture sur la ligne d’inspection. »

Pour rappel, le nouveau document biométrique du contrôle technique se paie à 94.600 BIF. Pour renouveler la validité, il faudra débourser 56.600 BIF.

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