Gitega/Nyarusange :Les armes à feu ont craché la mort

Un transporteur de taxi-voiture marque Probox a été poignardé puis fusillé par ses clients à Nyarusange en province Gitega. Il a succombé à ses blessures ce mercredi 30 juin à l’Hôpital régional de Gitega et son ami avec qui ils voyageaient ensemble est encore en soins intensifs. Un de trois assaillants a été tué par la population, les autres ont pris la fuite.Gitega/Nyarusange :Les armes à feu ont craché la mort

Amrani Bigirimana, le rescapé sur un lit d’hôpital.

Idi Bigirimana, père de 5 enfants dont deux jumeaux de 2 mois, est mort suite à ses blessures infligées par un groupe de personnes dont les identités sont déjà connues par l’administration de Nyarusange. Selon son ami Amrani Bigirimana rescapé, maintenant soigné à l’hôpital Régional de Gitega, il était aux environs de 20h quand ceux que le conducteur croyait être ses clients lui ont intimé l’ordre de couper le moteur au niveau de la bifurcation de la route de Nyarusange et Mwaro.

Constatant qu’il n’a pas obtempéré, ils ont commencé de l’assommer avec des bouteilles de bière qu’ils avaient dans les mains en pointant un pistolet sur lui. Son ami qu’il avait pris à Gitega pour l’accompagner constata que ceux qui prétendaient être de simples clients qui vont chez eux sont des véritables assassins a ouvert discrètement la porte et a pris la fuite malgré ses blessures. C’est à ce moment-là que ces assassins l’ont poursuivi et ont ouvert le feu sur le fugitif mais sans parvenir l’atteindre.

« J’ai commencé à douter d’eux quand ils m’ont obligé de m’asseoir au milieu d’eux prétextant qu’ils veulent voyager en contemplant les collines de chez eux . Mais j’ai refusé feintant des vomissements », murmure-t-il sur son lit d’hôpital. Avec quatre blessures très visibles au niveau du cou et de la tête, Amrani a affirmé qu’il ne connaît pas la suite des évènements sauf qu’il avait entendu comme dans un rêve une voiture démarrer en trombe et des cris de ses poursuivants jurant entre leurs dents que réellement le chauffeur n’était pas mort. « Ils criaient à haute voix, rasa rasa mu mutwe wamuhimbiri ntiyapfuye, aracitse n’ibikoresho vyacu (cet imbécile n’était pas mort, tirez, visez la tête, il s’échappe avec notre matériel). C’est par là que j’ai entendu quelqu’un courir derrière moi et je suis tombé dans le coma », a-t-il ajouté avant qu’il s’endorme de nouveau.

Selon la famille, le blessé a été amené jusqu’à Gitega par la police qui l’a retrouvé évanoui non loin du lieu de l’attaque. Usant de toutes ses forces qui lui restaient, Idi Bigirimana, a réussi de conduire sa voiture jusqu’à Gitega, où il a succombé à ses blessures le matin du 30 juin.

La communauté musulmane et des transporteurs en deuil

Idi Bigirimana, le chauffeur avant son assassinat.

Dans le quartier Nyamugari où Idi Bigirimana avait commencé d’habiter, c’est la consternation totale. Pour nombreux habitants de ce quartier, le défunt avait une bonne connotation partout où il habite. Ils n’imaginent pas comment il aurait été assassiné par ses clients. Dans son véhicule, personne ne s’ennuyait, il avait toujours des blagues à raconter à ses passagers. « Vous arrivez à Bujumbura sans savoir que vous avez fait une centaine de kilomètres. Il ne demandait jamais combien tu vas payer. Il suffisait d’entrer dans sa voiture et il ne s’inquiétait pas de l’argent comme le font la plupart des chauffeurs, » affirme Térence, un commerçant qui fait souvent le trajet Bujumbura–Gitega pour son business.

Même sentiment de détresse chez Jean-Marie, chauffeur comme lui de taxi-voiture. D’après lui, il ne connaît aucun jour, où Idi Bigirimana l’aurait dépassé au cours de la route sans lui demander si tout allait bien.
« Quand il te voyait arrêté et qu’il passait à côté de toi, il se donnait la peine de stopper pour s’enquérir de la situation. Si tu as besoin d’une clé de roue ou tu as fait une panne sèche, jamais il ne pouvait partir sans avoir aidé ! »
Quant à la communauté musulmane, ce qui lui fait de la peine, c’est de ne pas avoir enterré eux -mêmes leur fervent croyant. Pour beaucoup, il fallait lui rendre le dernier hommage. Mais ils ont accepté la volonté des parents de la victime qui l’avaient suppliée d’amener la dépouille à Bujumbura où il doit être enseveli auprès de sa famille.

Contacté, l’administrateur de la commune Nyarusange, a confirmé la mort de l’un des assaillants et que la traque de ces autres malfaiteurs continue. « Nous les avons reconnus après avoir identifié l’un d’entre eux lynché par la population. Ils sont d’ici, les deux étaient des policiers, l’un était encore en activité et l’autre a été révoqué. Nous essayons de chercher ces fuyards et je ne doute pas qu’ils seront vite appréhendés », a déclaré Innocent Ndayisenga.

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