Le harcèlement et l’abus d’autorité : un handicap à l’épanouissement
L’institution de l’Ombudsman a organisé au chef-lieu de la province Ngozi, avec l’appui du PNUD, un atelier de réflexion et d’échanges sur l’état des lieux du phénomène de harcèlement et d’abus d’autorité en milieu du travail.

Dans cet atelier, l’Ombudsman burundais Edouard Nduwimana a indiqué que le phénomène de harcèlement et d’abus d’autorité est réel au Burundi, et estime que ce phénomène constitue un handicap à l’épanouissement et est par conséquent à bannir, voire même à décourager. Edouard Nduwimana a saisi cette opportunité pour expliquer que l’article 54 de la Constitution de la République du Burundi reconnait le droit de chaque personne de jouir des conditions de travail justes et satisfaisantes

Il a souligné à cette occasion que le harcèlement s’entend comme tout comportement inacceptable ou déplacé de nature à choquer ou humilier. Selon l’Ombudsman burundais, le harcèlement peut se manifester par des paroles, des gestes, d’actes ou d’omissions de nature à importuner, choquer, blesser, avilir, intimider, rabaisser, humilier, ou gêner autrui ou à susciter au lieu du travail un climat d’intimidation, d’hostilité ou de vexation.

L’abus d’autorité quant à lui s’entend comme l’utilisation abusive d’une position de pouvoir ou d’autorité aux dépends d’autrui. Il consiste dans une forme aggravée pour l’auteur d’user de sa qualité pour influencer indûment la carrière ou les condition d’emploi d’un autre avant de souligner que l’abus du pouvoir peut consister dans le fait de créer au lieu de travail un climat d’hostilité ou de vexation, entre autres le fait d’intimidation, de menaces, de chantage ou de coercition.

Pour l’Ombudsman burundais, il est évident que les conséquences négatives du phénomène de harcèlement et d’abus d’autorité sont énormes sur la vie professionnelle, mentale, psychologique et sociale de la personne qui en est victime, expliquant l’objectif de cet atelier est de documenter ce phénomène pour décider sur la pertinence de la mise en place d’un cadre institutionnel contre ce phénomène. « Une fois l’état des lieux du phénomène de harcèlement et d’abus d’autorité réalisé, l’Ombudsman burundais pourra proposer des réformes législatives, réglementaires ou administratives à l’autorité compétente afin d’y remédier par une législation par la prise des mesures conséquentes », a précisé Edouard Nduwimana.

Madame Sylvine Kahasha, experte du PNUDB en genre a souligné quant à elle que l’objectif des politiques du PNUD en matière de harcèlement, de harcèlement sexuel et d’abus d’autorité est de protéger les personnes vulnérables. Elle a profité de l’occasion pour appeler tout un chacun à jouer individuellement son rôle pour s’attaquer à ce problème, surtout en prenant cette question au sérieux et en faisant de ce phénomène leurs préoccupations.

Les consultants qui ont exposé sur le harcèlement et l’abus d’autorité en milieu de travail ont montré les méfaits du viol et du harcèlement à savoir: travail sous tension, faible rendement, développement des maladies chroniques, énervement et transposition du problème en famille
Et les participants à l’atelier de recommander de sévir sérieusement contre ce phénomène et mettre en place des stratégies pour y faire face.

L’atelier avait regroupé les cadres des différents ministères, les employés et les employeurs de plusieurs entreprises publiques et privées.

 
Par NYANDWI Dieudonné
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