High Commissioner for Human Rights Zeid Ra'ad Al Hussein. UN Photo/Pierre AlbouyEt c’est reparti pour une autre salve de harcèlements diplomatiques sur le Gouvernement de Bujumbura comme on en a l’habitude chaque fois qu’un sommet qu’il soit régionale ou au niveau international où on risque de parler du Burundi approche. Par un passé récent cette pression diplomatique était nourrie par des actes terroristes dans la capitale Bujumbura et ailleurs dans le pays à fin de donner du grain à moudre aux détracteurs de toutes horizons qui ne tardaient pas à se fendre d’un communiqué chacun y allant de sa prose alarmiste qui sur le viol, qui sur le risque d’un génocide, qui sur l’insécurité persistante dans le pays.

Actuellement faute de lancers de grenades sur de paisibles citoyens, d’assassinat ciblé pour jeter les cadavres dans les rues, de tirs nourris pour faire croire à une guerre, on se contente de quelques tweets et vidéos balancés sur la toile par quelques esprits inventifs ténors de la communication de l’opposition radicale. La récente sortie de Zeid RA’AD AL HUSSEIN en est une parfaite illustration. Le comportement de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies fera objet d’une réflexion à part dans mes prochaines publications. Il faut cependant souligner ici qu’elle participe plus d’une campagne de diabolisation que d’un monitoring sérieux sur la situation des droits de l’homme au pays de Mwezi.

Toutes ces sorties médiatiques avaient pour objectif de peser pour que Bujumbura accepte de céder sur les conditionnalités qu’il a posé notamment en ce qui concerne la présence des putschistes et d’autres personnes poursuivies par la justice sur la table de dialogue. Au-delà du fait que le Gouvernement a défini ce préalable comme étant la ligne rouge à ne pas franchir, sa position a été rejointe par les Nations Unies dans la résolution 2248 du 09/11/2015.

Plus encore tout observateur avisé sur le Burundi sait que cette ligne rouge n’est pas le fruit de l’imagination débordante de quelques fonctionnaires ou encore moins celui d’un quelconque calcul politicien visant à écarter un adversaire politique quelque peu encombrant. Certaines chancelleries occidentales font la grave erreur d’interpréter ainsi la fermeté du gouvernement Burundais. C’est faire preuve de méconnaissance de l’histoire du Burundi, surtout l’histoire récente. Les Burundais de manière générale ont en mémoire les conséquences de la tentative de putsch du 21/10/1993 ayant emporté la vie du premier Président démocratiquement élu, SE Melchior NDANDAYE et bon nombre de ses collaborateurs ; Ils ont en mémoire les calamiteuses négociations qui s’en sont suivies privant ainsi le peuple de la totalité du pouvoir qu’il avait acquis à travers les urnes.

Ceux qui cherchent à amener les auteurs du putsch du 13/05/2015 sont en train d’agir dans le même sens. Travailler à ramener les auteurs du putsch, c’est leur permettre de réussir par d’autres moyens, ce qu’ils ont échoué à faire par les armes. En 1993 on avait parlé de putsch rampant, le peuple ne veut plus vivre un tel scenario. Contrairement à certains politiciens qui ont fait de la négociation leur cheval de bataille pour l’obtention de postes de responsabilité, le gouvernement actuel est le fruit d’une élection organisée dans des conditions difficiles mais aux quelles la population tenait particulièrement pour éloigner à jamais le spectre des putschs et leurs conséquence au pays. Ni les communiqués, ni les campagnes médiatiques diabolisant ne lui feront reculer car il est dans son droit, celui du peuple qui veut assoir une véritable démocratie. Le gouvernement actuel est responsable devant le peuple. Cela personne ne devrait l’ignorer.

Nubwacu Yves-Lionel-