Le ministre burundais de l’Agriculture et de l’Elevage, Déo Guide Rurema, a plaidé samedi pour la fortification des aliments, afin de faire reculer les problèmes d’insécurité alimentaire et de malnutrition au Burundi.

Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la situation alimentaire et nutritionnelle demeure “préoccupante” au Burundi où 58% des enfants en bas âge (0 à 5 ans), souffrent d’une malnutrition aiguë.

“L’ultime solution pour une atteinte effective de la fortification des aliments, consiste à enrayer définitivement l’insécurité alimentaire et la malnutrition devenues récurrentes au cours des cinq dernières décennies du Burundi postcolonial, à travers une augmentation quantitative et qualitative de la productivité agricole”, a précisé le ministre Rurema en s’adressant aux GTT-PMSAN (Groupes techniques de travail de la plateforme multisectorielle de sécurité alimentaire et nutritionnelle), réunis à Bujumbura dans un atelier de redynamisation.

En dépit des effets pervers des phénomènes climatiques El Nino et La Nina sur la production agricole burundaise, le ministre a encouragé ses compatriotes à “ne pas baisser les bras”, mais plutôt à “redoubler d’ardeur” dans la diversification des cultures via notamment la promotion des jardins potagers.

Selon l’Organisation des Nations unies pour la population (FNUAP), du fait de l’impact négatif de ces phénomènes climatiques, environ trois millions de personnes, soit près d’un quart de toute la population burundaise, ont besoin d’une aide alimentaire d’urgence.

Le gouvernement de la république du Burundi, par le biais du ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale (MRECI), Alain-Aimé Nyamitwe, a déjà appelé à la solidarité internationale, en vue de secourir les populations burundaises menacées de famine.

Le gouvernement chinois, en réponse à cette requête, a consenti depuis décembre dernier, à fournir au gouvernement burundais, à titre de don, une aide alimentaire de 5.262 tonnes de riz étuvé, d’une valeur de 50.000.000 de yuans, y compris les frais de transport et d’assurance.

Le ministre Rurema a souligné que dans cette “guerre engagée” contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition au Burundi, une attention particulière doit être réservée aux groupes vulnérables dont les enfants en bas âge et les femmes enceintes ou allaitantes, en les appuyant au niveau de la diversification de leurs aliments.

Il a saisi l’occasion pour remercier la représentation du Programme alimentaire mondial au Burundi et l’antenne locale du mouvement mondial “Scaling Up Nutrition-Renewed Efforts Against Child Hunger Undernutrition”, pour leurs contributions respectives pour l’atteinte des objectifs assignés à ce programme du gouvernement burundais.

Déogratias Habonimana, expert nutritionniste et directeur adjoint du programme national intégré pour l’alimentation et la nutrition, a pour sa part salué l’adoption du plan stratégique de fortification des aliments au Burundi.

“Ce plan est venu à point nommé, car la plupart des compléments des aliments donnés aux enfants burundais, ne contiennent pas suffisamment des micro-nutriments pour satisfaire les besoins quotidiens de croissance, mais aussi le régime alimentaire est peu diversifié”, a fait remarquer l’expert nutritionniste.

Pour lui, avec ce programme, “il y aura, non seulement réduction du retard de croissance et de la mortalité chez les jeunes enfants, mais également le contrôle des carences en sels minéraux et vitamines, en particulier la carence en fer”.

Source: Xinhua