Suite aux récents attentats contre le conseiller principal Willy NYAMITWE et le Ministre Emmanuel NIYONKURU,la question que tout le monde se pose, est de savoir qui sont à la tête de ces tueurs occasionnels qui ciblent les autorités Burundaises, suivant le même modus operandi de ce qu’on a connu dans les années 94, 95, 96 …, juste avant le retour de Buyoya 2.

Parlons plutôt de tentative, car malgré ses quelques forfaits sporadiques, mais très regrettables, ce mouvement de tueurs reste maîtrisé en général par les services de sécurité, car la plupart des auteurs sont rapidement mis hors d’état de nuire, tandis que d’autres prennent la fuite, mais sont souvent identifiés là où ils sont et toujours tenus à l’œil.

La plupart d’observateurs avisés désignent globalement les SINDUMUJA, dont le CNARED veut s’assurer l’exclusivité, comme étant les commanditaires, au moins indirect, de ces attentats ciblés, faute de pouvoir organiser une rébellion en bonne et due forme. Parfois, ce sont les SINDUMUJA eux mêmes, qui par leur communication maladroite, revendiquent ces forfaits.

Pas mal de similitudes sont à relever entre les tueurs actuels et ceux des années 90: une volonté de reprendre le pouvoir perdu aux urnes, usage parfois de stupéfiants, des attroupements jadis, dans leurs bistrots (aujourd’hui réseaux sociaux) pour spéculer, se réjouir et se vanter après chaque forfait, utilisation d’armes à feu de poing, mise à disposition de rançons éventuellement …

Cependant, on relève une différence notoire: alors que dans le cas des sans échecs des années 90, on a dû attendre le retour de BUYOYA 2 pour que ceux ci soient neutralisés ( désactivés, intégrés dans les services de sécurité ou envoyés en Occident), les tueurs actuels sont directement pourchassés et souvent appréhendés, ce qui entraîne des réactions spontanées de « leurs sympathisants » ou commanditaires, criant à une chasse à l’homme.

L’autre différence notable est que les anciens sans échecs étaient commandés de l’intérieur, avec le soutien tacite de l’armée et de la police, alors que ceux d’aujourd’hui reçoivent vraisemblablement des ordres et des moyens de leurs supports basés à l’extérieur. Soulignons aussi que les responsables SINDUMUJA se cachent mutuellement leurs plans, tout en se déclarant unis.

Enfin, ceux qui sont entrain de réactiver le mouvement de terrorisme déguisé, se trompent d’option ; car, non seulement le mouvement risque de se retourner contre eux, mais aussi, le pouvoir actuel a la légitimité et surtout les moyens de se défendre.

Jean François NDEBERI