Dans un mémo interne dont la BBC a eu communication, la Banque Mondiale admet que la croissance de la mondialisation n’a pas bénéficié à tout le monde. Il indique que les effets de la mondialisation sur les économies avancées sont “souvent inégaux” et qu’ils pourraient avoir mené à une inégalité dans les progressions des revenus.

“La mondialisation a joué un rôle puissant dans la création d’emplois et pour contribuer à élever les revenus dans les économies avancées”, indique-t-il. Mais “des indications récentes aux États-Unis suggèrent que les coûts d’ajustement pour les personnes employées dans les secteurs exposés à la concurrence à l’importation en provenance de Chine sont bien plus élevés que nous le pensions précédemment”.

“Même si les échanges mondiaux pourraient avoir contribué à augmenter les inégalités dans les économies à hauts revenus, le changement technologique et l’affaiblissement des institutions qui représentaient les intérêts de la main d’oeuvre en ont fait de même”, ajoute le rapport.

Il préconise des filets de sécurité sociale plus importants, l’amélioration des qualifications et des marchés du travail plus flexibles.

Jim Young Kim, le Président de la Banque Mondiale, a expliqué pourquoi les gens des pays développés étaient mécontents de la mondialisation : «Je les entends et ils me disent +ma vie n’est pas meilleure que celle de mes parents, et il ne me semble pas que la vie de mes enfants sera meilleure que la mienne+ », a dit a-t-il dit lors d’une interview à la BBC. « Donc, il y a une réelle inquiétude, mais la réponse consiste à avoir des programmes de sécurité sociale plus solides, de cette manière vous avez un filet de sécurité. Après cela, vous devez vous atteler sérieusement à l’obtention des compétences dont vous avez besoin pour les emplois du futur ».

La tentation du protectionnisme

Kim a indiqué que 20 % des emplois perdus dans les économies avancées pourraient être liés à la mondialisation. Le reste serait imputable à l’automatisation et au besoin pour de nouvelles compétences. Il estime que les gouvernements devraient faire plus d’efforts pour soutenir ceux qui ont perdu leurs emplois.

Il redoute également que les pays développés se drapent dans le protectionnisme, ce qui provoquerait un ralentissement de la croissance économique mondiale. Il explique que l’érection de barrières douanières risque de saper les efforts entrepris pour atteindre les objectifs ambitieux fixés pour éradiquer la la pauvreté d’ici 2030 (On parle de grande pauvreté lorsque les revenus quotidiens tombent en deçà de 1,25 dollar par jour). Ces objectifs sont ceux qui ont été fixés par une Commission des Nations Unies présidée par David Cameron en 2013.

Audrey Duperron