Le Burundi a célébré, ce vendredi 1 juillet, le 54ème anniversaire de l’indépendance, une occasion pour le chef de l’Etat de mettre en garde les ennemis du Burundi et de remercier les patriotes loyaux.

Le premier parachutiste a fait des prouesses.Le premier parachutiste a fait des prouesses.
Une célébration de l’indépendance du Burundi sous très haute sécurité. Sur les différentes voies menant vers le stade prince Louis Rwagasore où ont eu lieu les festivités se trouvaient des barrages tenus par des policiers et des militaires, qui gardaient également les différents immeubles autour de ce stade. Les bords des grandes routes de la capitale ont reçu un coup de peinture, et le drapeau national est accroché sur des lampadaires. Les cérémonies ont débuté par la pause des gerbes de fleurs au mausolée du prince Louis Rwagasore et sur la place de l’indépendance par le couple présidentiel. Ils étaient accompagnés des membres du gouvernement, du Sénat, de l’Assemblée nationale et des cadres de l’armée et de la police, des membres des partis politiques, des confessions religieuses, ainsi que des diplomates et différents invités d’honneur. Parmi ces derniers, Jakwaya Kikwete, ex-président tanzanien, le vice-président ougandais, le 1er ministre du Gabon, le secrétaire d’Etat et envoyé spécial de l’Angola et une ministre kenyane.

Les cérémonies proprement dites ont commencé vers 10h avec l’arrivée du président Pierre Nkurunziza au stade PLR. Après l’hymne national, il a reçu les honneurs militaires et passé les troupes en revue, en compagnie du directeur général de la police et du chef d’état-major général de l’armée.

Un concours de défilé…

Cinq parachutistes, lâchés par des hélicoptères à 1500 m d’altitude, ont ouvert ces festivités, le premier exécutant des prouesses acrobatiques dans l’air et atterrissant sur ses deux jambes au milieu de sa cible, sous un tonnerre d’applaudissements. D’habitude, le saut en parachute clôture les cérémonies, mais les organisateurs ont craint que le vent ne se lève en milieu de journée. S’en est suivi un défilé des gens nés en 1962, communément appelés « Burikukiye ». Les commentateurs du défilé ont rivalisé de compliments pour les défilants. D’aucuns se sont même demandé s’ils le font gratuitement. Une première pour cette commémoration, des prix seront distribués à ceux qui auront les mieux défilés.

Avant le défilé des militaires et des policiers, cinq groupes de majorettes, formées pour le cinquantenaire de l’indépendance, ont exécuté des mouvements d’ensemble. Fidèles à eux-mêmes, les militaires et les policiers ont offert un beau spectacle par leurs mouvements coordonnés. Par la suite, des exhibitions des militaires sautant de camions roulant et des motocyclistes policiers. L’artiste burundais Léonce Ngabo et son groupe ont ensuite chanté sa célèbre chanson « Sagamba Burundi », avant qu’on annonce les meilleurs défilants. La Régie Nationale des Postes est venue en premier et a reçu 1.500.000 Fbu et 15 téléphones portables.

La malédiction des traîtres…

Pour le président Pierre Nkurunziza, être traître peut vous poursuivre sur plusieurs générations. Pour le président Pierre Nkurunziza, être traître peut vous poursuivre sur plusieurs générations
Dans son discours d’accueil, le maire de la ville de Bujumbura a souligné que cet anniversaire survient dans une période de paix et de sécurité, après que les ennemis du Burundi aient voulu les perturber l’année passée.
Prenant la parole pour le discours de circonstance, le président Nkurunziza a appelé a plus de vigilance, nuit et jour, les Burundais pour sauvegarder l’indépendance, « car les ennemis du Burundi sont toujours à l’affût. » Comme il l’a fait lors du dernier congrès du Cndd-Fdd à Ngozi, il a rappelé les différentes tragédies vécues par le Burundi à cause de ces ennemis de l’indépendance, depuis 1961 avec l’assassinat du Prince Louis Rwagasore. Mais aussi en 1965, 1969, 1972, 1988, 1993, 2005,2010 et 2015.

A la clôture des cérémonies, remise des prix par le président pour les citoyens les plus méritants, en commençant par des hauts gradés de l’armée et de la police, ainsi que des civils pour leurs actions civiques et de développement. Parmi les plus connus, le chef d’Etat-major général de l’armée, Prime Niyongabo, le patron du Service National des Renseignements, le général major Etienne Ntakarutimana, le directeur général de la police, CPP André Ndayambaje. Mais aussi les porte-parole de l’armée et de la police, le colonel Gaspard Baratuza et Pierre Nkurikiye.

Le colonel Darius Ikurakure a été décoré à titre posthume. Durant la remise de ces prix, le président Nkurunziza a salué leur loyauté et leur patriotisme, en fustigeant les traîtres : « Ceux qui n’ont pas été attrapés et jugés ont fui chez leurs commanditaires… Etre traître peut poursuivre vos enfants et même vos petits-enfants… Avant, ils habitaient des étages, mais ils sont dans des camps de réfugiés aujourd’hui, ceux qui les avaient envoyés sont riches, ils leur donneront du travail. »

Source: Edouard MADIRISHA (Iwacu)