Ce lundi 1er juin, le président du Sénat a ouvert une session de juin. On se souvient que la chambre haute du parlement avait déjà annoncé la clôture de ses sessions ordinaires. En raison du report des élections décidé par le sommet des chefs d’Etat de l’EAC, une nouvelle session devient possible! On se remet au travail, et des per diem! Le budget des imprévus explose. Il faudra revoir les calculs également pour le budget de la CENI et des partis ou coalitions politiques qui viennent de passer plus de trois semaines en campagnes! Pendules remises à zéro. Pour le bonheur des électeurs qui gonflent les foules des meetings de tout parti, boivent ou voyagent gratuit mais votent selon la voix du coeur! C’est une autre réalité profonde du Burundi. Un report qui fait le bonheur d’une partie très importante des Burundais.

Du côté des partenaires, les tractations vont don train pour faire avec cette nouvelle donne: Nkurunziza mais avec quel contrepoids? L’idée avait d’ailleurs été évoquée par le ministre REYNDERS: ne plus laisser Nkurunziza disposer d’une majorité écrasante au parlement. Il faut donc revenir dans le processus. La question ne se pose plus pour l’Union Africaine qui était représentée au sommet. L’ONU avec Djinnit n’a jamais retiré sa mission. L’EAC qui a pris la décision doit suivre et accompagner. Le Burundi a un perdu de sa souveraineté ou mieux l’intégration régionale prime sur le carcan national! Mais quelles leçons tirer de ce report imposé par l’EAC? Sans EAC, on n’aurait jamais eu les accords d’Arusha. Donc, juste la gratitude à exprimer et s’engager à ne pas faire toujours la honte de la communauté et du monde.

Gabriel Ntisezerana a demandé que tout soit mis en oeuvre pour mettre à profit ce délai dans l’intérêt des élections apaisées et inclusives. La CENI devra proposer un nouveau calendrier électoral. Mais surtout, le dialogue doit avancer et aboutir du côté des protagonistes burundais. On note déjà que la question du mandat n’est plus à l’ordre du jour. Et Agathon Rwasa aurait déjà annoncé sa volonté de participer enfin au processus électoral. L’autre point de satisfaction est bien entendu l’arrêt des manifestations dans la capitale et au sud du pays.

La population burundaise, toutes tendances confondues, place désormais l’espoir dans une compétition transparente et d’aucuns souhaitent la même vigilance qu’en 1993 où la démocratie a triomphé malgré les embûches! Espérons que tous les protagonistes soient faire play et moins machiavéliques. Le reste, à vos commentaires.

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